agneau pimenté

poésie & prose

agneau pimenté

graveur de mots. poète.

Mean

et ma langue sur ta peau
recherche le goût de sa couleur
passant lentement sur ta nuque
mes doigts fouillant tes boucles dorées.

un.deux.trois.

Et dans tes draps
Tu t’agrippes
Sans relâche
Et moi
Je dessine
Des vagues sur ton bas ventre.

un.deux.trois.

Enfin tes lèvres
Chaudes
Entre ma bouche
Où je susurre mille sons
Un instant tu seras mienne
Et je serai
Tout à toi.

un.deux.trois.

Lapant
Toi ma maîtresse
De haut en bas
Tes mains dirigeant ma tête
Où ton abandon a trouvé voie.

toi.demain.

La boîte à Chachou

Étreinte
Qu’on trinque
Mes vers et dans le cidre
La pomme d’une passion
Éteinte.

Étreinte!

Près d’dix ans
Sur un banc
Qu’le temps passe
Vite
Et casse
Les liens
Les amitiés
Les passions qui se chassent
Il coupe tout
Ce qui dépasse.

Étreinte!
Encore une fois
Je trinque
Et le son du silence
M’effraie plus que tout
Dans cette danse.
Et la gène
Me rend ogre
Et tes yeux qui
n’ont sans doute pas
Faiblis
Me lisent
Et n’attendent
Rien de plus que le point
Final.

Étreinte
Une dernière fois.

Pour tes 30 ans
Plus sobrement
Du bonheur
Qu’il soit tien
Et à personne d’autre.

En sus Ojos

Ce n’est qu’avec des souvenirs 
qu’on écrit les plus beaux mensonges,
les plus belles fictions, et les yeux toujours grands.
On en reprendrait, jusqu’à l’étouffement
Jusqu’au dégout, le passé en travers la gorge est si bon,
Aigre doux.

Je me suis demandé quelle histoire ton corps racontait
celui qui plein de souvenirs mauvais ou bons 
tente
de nous vendre
à nous
à l’aube aux bourrés
enquête d’étoiles intouchables
certains ont choisi leurs poussières au nez et
leurs cendres divines qu’elles laissent
je les hume à plein poumon. Le
goudron
m’entache de rêves grisonnants.
L’alcool aidant je colle l’asphalte
je balance des palabres et je joue.

Un acte et un sillon
celui de l’observation
celles dont l’histoire dans ses yeux m’intriguent
paires de moon boots au pied
peut-être a-t-elle la tête autre part

Sur terre et pour qui ?
Qui la lui vide ?
Qui la lui remplit ?

Je me suis demandé quelle histoire ton corps racontait
celui qui plein de souvenirs mauvais ou bons
tente
de nous vendre
à tous
des ferveurs

un acte et deux sons, son
corps et elle, qui lentement bouge sur de la musique
de chez moi, sans vibration
elle fait l’asphalte retenir son souffle
et ses pas d’astronautes, légers
comme un être privé d’apesanteur.

Je regarde du coin de l’œil, sa danse
Les spectateurs se figent et ne dérangent,
Plus. Les voitures passent le rond point,
Allumant la scène des plus belles lumières

Un acte et trois secs, ses
yeux et elle
l’histoire de ses yeux et des tristesses égarées
il n’y a que les yeux qui sont la porte de l’âme
Dans mes souvenirs alcoolisés

S P yAnt

J’en veux aussi
D’un “pet”
Comme on les nomme
Là où je vis.

Ferme sa gueule
Ou m’ignore
Pas comme ces pét
asses
Et put
ains
Qu’on s’ramasse dans notre
Espèce.

Quelques piécettes
C’est ça qui faut
C’est la carotte
Plus haute
Plus longue
Qui vivotte
Qu’on aime nos vies
De chiotte.

Qu’l’objet dotté d’conscience
Plus jamais
S’la ramène
Et voilà
Prends le tourniquet d’la vie
Qu’on tapisse
L’immonde.

Ta gueule!
Putain, ta gueule!

Bwèy kon ronm san sik

Kilti si mi
Jénès si ban
Soley brilé espwa è´è po
Santiman
Si kan
Fanm ka vin nonm
Pas sé mèt a vi
Nonm pé pa sanm
Pon yon
Fo yo twouvé on nouvo nanm.

Nou pli lwen ki yo
Koulè
Manjé kochon
Nouriti ki ni mélanj
Pran vi la kon boostè
Kanté si la rokad
Men an lè
É manfou a dèmen.

Nou poko fô
Ayen pa tan nou
Nou poko
Mèt a vi an nou
Diables èvè soukounyan
An lespri
Ka rann moun
Bôbô
Tèbè gè
Dé jounou a tè
Ka prié
Bondié pwofitasion.

Tanté
Gadé nou an zié
Avan nou foukan
Papiyon brilé adan on boukan.

hannessey city

Dans un taxi jaune
La sombre ville insomniaque
Revêtue de nos égos électriques
tapis les fenêtres
De son éclat.

Vitres
Baissées
Vent dans le wagon
Ça sent les égouts et
La cannelle trop sucrée.

La fille blanche
Le garçon noir
Et la tige sortie
Du pantalon

Elle s’amuse
Du regard du cab driver
Elle guette
Sur sa peau s’imprime
La froide braguette.

Elle s’anime
En cercle
En spiral.

Les yeux sur le plafond
Je contemple ravi
Le moment et
Sa langue glisse sur le bout rose
Et ses lèvres
Maronnent
Elles fuient l’air
Et se serrent
Lentement
Lentement
Engloutissant.

Et les Klaxons réagissent
Au liquide onctueux
Blanc
Ma semence entre les dents
Sur ses cheveux châtains
Un peu
Sur sa robe
Et son sac
Luit.

Vite on
Passe un billet de 20 bucks
La course valait
10 guap
Ses sièges ont morflé
D’la bave de DieuE
C’est la vie nègre
Qui s’étend
Dans la pomme
Au mille vers
Fap fap.

V´la les chats

Alexandra
J’peux rien écrire sur elle
Avec son premier prénom
Un poète du 18eme
En a fait une si belle chanson

Alexandra veut un enfant
Un de
Benetton
Cheveux bouclés

Migraine
Mi nègre
Mi maçon

Pouris
Et ses femmes
Que des folles.

Mon sexe libre
Fraternel
Égalitaire
Dans la bouche des Mariannes

L’écriture est dure
Et l’alcool
Vibre dans l’intestin.

Et le saoulffle

Y’a cette gamine
Qui démange
Avec son sourire
Et sa curiosité
Ma routine
D’homme lassé.

Elle me raconte Kinshasa
Sans rien donner
De plus.

Et son sourire
Est moins doux que ses lèvres
Et son regard
Est moins perforant
Que ses yeux
Qui pétillent.

Et moi
Le moi de société
Ne peut rien faire d’autre
Que d’imager.







Recueil: Les XXVII par agneauPimentE

Recueil: Les XXVII par agneauPimentE

GAMEON

Y’a la queue pour les chiottes
Des meufs
Accoudées sur le mur
Natacha
Qui dégueule est accroupie et Amanda
Tient ses cheveux blonds
Le mojito habille le bout carré
De ses talons hauts
Et les mecs passent
bites a la main:

"Jpeux la lever si tu veux
Dépend comment
Mais j’me porte garant
Sur tes yeux”

Des “dégage connard” fusent
Et martèlent
L’air cocaïné
Et créent
Des étincelles dans les
Yeux des fées.

Y’a trop bruits dans c’bar
Trop d’clébards
Qui cherchent d’la chatte
Qui mouille de désespoir
Le carrelage suinte la pisse et
La merde
Des gribouillis sur les miroirs
Cicatrices des âmes

Y’a trop de recoins dans c’bar
Les mains de vernis polis
Sur les bas résilles
De polonaises asservies.
De langue dans des bouches intrus
Des regards tatoués
Sur le triangle
Et dans la ronde
On cherche
En vain
L’hémicycle correspondant.

La foule se gerbe par les portes
Le videur a son bâton de berger
Bar
Bar
C’est la dernière transe
La dernière musique
La dernière danse verticale
Qui s’ondule
Pour certains.

Sur un bout de table
La vieille gueule
Enlaidie par l’amertume
Entre les mains
La bière se vide
Seul
Et mon doigt placé sur ce putain d’écran
Plutôt que dans une fente
Poussant le bouton.

Les Samiens, une autre histoire des Samites.

- Bah c’est ça la ricaine?

Chris d’un air dédaigneux, regardait cette jeune blanche, avec son short remonté jusqu’au delta de ses cuisses, se vider de la tequila qu’elle venait de gober du nombril de son amie.
- Tu t’attendais à quoi? C’est hollywood tout ça. Derriere les paillettes, le carton. Y’a meme pas deux minutes, elle m’a dit que son rêve c’était de se faire un français, et un noir avant la fin de son cursus à UCLA. T’images la gaule, quand elle a susurré ça à mon oreille. J’étais raide.

Pour Chris et moi, l’Amérique ce n’était pas ça. Cette conversation a surement été prise dans un bar à Westwood. La déchéance, on n’était pas la pour ça. Les écoles de commerce, les BCBGs ramenées dans notre 20 m2, ou défoncées sur la table du bureau que Papa avait pris soin de ranger. Les monts blancs gribouillant les tétons de la petite; on avait vécu ça, et les peignoirs, oui, qu’ils étaient doux sur notre peau. La Californie s’était notre terrain de jeu, mais pas comme quand on était à Paris.

Il fallait les voir, tous ces rêveurs. Je me souviens la premiere fois qu’on a bougé à Sunset boulevard. La tristesse partout, je te jure. Les gens suivaient les étoiles et les palmiers, comme si la coke s’échappait des bouches d’égouts. En plus, ils avaient tout compris ces ricains. Les meilleurs, les plus proches du soleil et au dessus même, ils ne payaient rien comme loyer. Un nomadisme qui leur permettait de bouger de palmiers en pétunias, de ruelle en boulevard sans se faire emmerder par l’IRS. On avait capté leur combines, à toujours nous gratter une clope ou un dollar de temps en temps. Pour chaque dollar qu’on leur donnait, on payait une taxe à cette mafia, et eux ils ne payaient rien. La vie doit être cool quand ta maison c’est un cadis WallFool. Il y avait eux, mais leurs yeux ne brillaient plus assez pour qu’on puisse s’en gaver. Les autres, parcouraient les bars, les boulots mal payés de serveurs et serveuses, les assistants et les assistantes de magasin sur Melrose, les tout-fraichement-débarqués en quête de cette crève américaine, qui te ronge la foi jusqu’aux os. Eux. Ils étaient la raison de notre visite, le leitmotiv et surtout la seule nourriture abondante dans cette cité entourée par les montagnes et la mer…

Lu cidre

Et c’est la que tout se fige
Les mots qui furent roses rouges
Ou tulipes
Se chrysanthèmisent.

Posés, placardés sur un dramour
Qu’on devrait laisser accepté
Sans questions
Sans raisons
Autres que celles
Qui l’anime.

L’amort est maure
La saisombre s’annonce sèche
Mes lèvres quémandent une chaude
Guinness.

"J’ÉTAIS TOUT SUCRE,
JE SUIS AIGRE DOUX,
JE SERAI AMER."



A miss education

Elle me dit qu’elle les aime sombre

Des plus courtes aux plus longues

Un jeu que sa langue Douce et entrainée

Pratique aisément.

Elle me dit qu’elle les aime sombre

Mais moi je les aime rondes

Belles silhouettes déposées sur une surface morte

Qu’il en coule des traces, ballets de couleurs sobres.

Moi je les aime noires

Elle les aime sombres

Je les aime mates, Mousseuses et nourrissantes

Comme une pinte de Guinness

A température ambiante.

Dix moi

Dis-moi pourquoi pleures-tu ?

Dis-moi pourquoi même sans larmes tes yeux se meurent ils ?

Dis-moi pourquoi tant d’hésitation et de faute, tant de peine, tant de rancœur ?

La Vie ne t’a pas donné l’exclusivité du mal-être.

Crois-tu, petit saugrenu qu’elle ne souffre point ?

Traiter vos petites disputes, vos démêlés amoureux et j’en passe, histoire de cul !

Histoire de cœur en somme.

Elle devrait tous vous abandonnez au bon vouloir de la Mort.

Tu sais, elles discutent souvent.

Elles ne sont pas ennemies, ni ami d’ailleurs. L’une est l’autre et l’autre est l’une.

Et c’est ainsi depuis des lustres depuis des millions de lunes.

Dans leurs petites discussions, elles parlent de vous.

Elles se moquent de vos états d’âmes de votre nostalgie et de la façon dont vous célébrer la Mort en enterrant vos corps et comment vous lisez la

Vie en la méprisant, en l’ôtant en ne cherchant pas à la conserver.

Tu me diras, vous êtes tellement supérieurs dans l’ignorance des choses simples.

Peuple d’ego.

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