agneau pimenté

poésie & prose

agneau pimenté

graveur de mots. poète.

V´la les chats

Alexandra
J’peux rien écrire sur elle
Avec son premier prénom
Un poète du 18eme
En a fait une si belle chanson

Alexandra veut un enfant
Un de
Benetton
Cheveux bouclés

Migraine
Mi nègre
Mi maçon

Pouris
Et ses femmes
Que des folles.

Mon sexe libre
Fraternel
Égalitaire
Dans la bouche des Mariannes

L’écriture est dure
Et l’alcool
Vibre dans l’intestin.

Et le saoulffle

Y’a cette gamine
Qui démange
Avec son sourire
Et sa curiosité
Ma routine
D’homme lassé.

Elle me raconte Kinshasa
Sans rien donner
De plus.

Et son sourire
Est moins doux que ses lèvres
Et son regard
Est moins perforant
Que ses yeux
Qui pétillent.

Et moi
Le moi de société
Ne peut rien faire d’autre
Que d’imager.







Recueil: Les XXVII par agneauPimentE

Recueil: Les XXVII par agneauPimentE

GAMEON

Y’a la queue pour les chiottes
Des meufs
Accoudées sur le mur
Natacha
Qui dégueule est accroupie et Amanda
Tient ses cheveux blonds
Le mojito habille le bout carré
De ses talons hauts
Et les mecs passent
bites a la main:

"Jpeux la lever si tu veux
Dépend comment
Mais j’me porte garant
Sur tes yeux”

Des “dégage connard” fusent
Et martèlent
L’air cocaïné
Et créent
Des étincelles dans les
Yeux des fées.

Y’a trop bruits dans c’bar
Trop d’clébards
Qui cherchent d’la chatte
Qui mouille de désespoir
Le carrelage suinte la pisse et
La merde
Des gribouillis sur les miroirs
Cicatrices des âmes

Y’a trop de recoins dans c’bar
Les mains de vernis polis
Sur les bas résilles
De polonaises asservies.
De langue dans des bouches intrus
Des regards tatoués
Sur le triangle
Et dans la ronde
On cherche
En vain
L’hémicycle correspondant.

La foule se gerbe par les portes
Le videur a son bâton de berger
Bar
Bar
C’est la dernière transe
La dernière musique
La dernière danse verticale
Qui s’ondule
Pour certains.

Sur un bout de table
La vieille gueule
Enlaidie par l’amertume
Entre les mains
La bière se vide
Seul
Et mon doigt placé sur ce putain d’écran
Plutôt que dans une fente
Poussant le bouton.

Les Samiens, une autre histoire des Samites.

- Bah c’est ça la ricaine?

Chris d’un air dédaigneux, regardait cette jeune blanche, avec son short remonté jusqu’au delta de ses cuisses, se vider de la tequila qu’elle venait de gober du nombril de son amie.
- Tu t’attendais à quoi? C’est hollywood tout ça. Derriere les paillettes, le carton. Y’a meme pas deux minutes, elle m’a dit que son rêve c’était de se faire un français, et un noir avant la fin de son cursus à UCLA. T’images la gaule, quand elle a susurré ça à mon oreille. J’étais raide.

Pour Chris et moi, l’Amérique ce n’était pas ça. Cette conversation a surement été prise dans un bar à Westwood. La déchéance, on n’était pas la pour ça. Les écoles de commerce, les BCBGs ramenées dans notre 20 m2, ou défoncées sur la table du bureau que Papa avait pris soin de ranger. Les monts blancs gribouillant les tétons de la petite; on avait vécu ça, et les peignoirs, oui, qu’ils étaient doux sur notre peau. La Californie s’était notre terrain de jeu, mais pas comme quand on était à Paris.

Il fallait les voir, tous ces rêveurs. Je me souviens la premiere fois qu’on a bougé à Sunset boulevard. La tristesse partout, je te jure. Les gens suivaient les étoiles et les palmiers, comme si la coke s’échappait des bouches d’égouts. En plus, ils avaient tout compris ces ricains. Les meilleurs, les plus proches du soleil et au dessus même, ils ne payaient rien comme loyer. Un nomadisme qui leur permettait de bouger de palmiers en pétunias, de ruelle en boulevard sans se faire emmerder par l’IRS. On avait capté leur combines, à toujours nous gratter une clope ou un dollar de temps en temps. Pour chaque dollar qu’on leur donnait, on payait une taxe à cette mafia, et eux ils ne payaient rien. La vie doit être cool quand ta maison c’est un cadis WallFool. Il y avait eux, mais leurs yeux ne brillaient plus assez pour qu’on puisse s’en gaver. Les autres, parcouraient les bars, les boulots mal payés de serveurs et serveuses, les assistants et les assistantes de magasin sur Melrose, les tout-fraichement-débarqués en quête de cette crève américaine, qui te ronge la foi jusqu’aux os. Eux. Ils étaient la raison de notre visite, le leitmotiv et surtout la seule nourriture abondante dans cette cité entourée par les montagnes et la mer…

Lu cidre

Et c’est la que tout se fige
Les mots qui furent roses rouges
Ou tulipes
Se chrysanthèmisent.

Posés, placardés sur un dramour
Qu’on devrait laisser accepté
Sans questions
Sans raisons
Autres que celles
Qui l’anime.

L’amort est maure
La saisombre s’annonce sèche
Mes lèvres quémandent une chaude
Guinness.

"J’ÉTAIS TOUT SUCRE,
JE SUIS AIGRE DOUX,
JE SERAI AMER."



A miss education

Elle me dit qu’elle les aime sombre

Des plus courtes aux plus longues

Un jeu que sa langue Douce et entrainée

Pratique aisément.

Elle me dit qu’elle les aime sombre

Mais moi je les aime rondes

Belles silhouettes déposées sur une surface morte

Qu’il en coule des traces, ballets de couleurs sobres.

Moi je les aime noires

Elle les aime sombres

Je les aime mates, Mousseuses et nourrissantes

Comme une pinte de Guinness

A température ambiante.

Dix moi

Dis-moi pourquoi pleures-tu ?

Dis-moi pourquoi même sans larmes tes yeux se meurent ils ?

Dis-moi pourquoi tant d’hésitation et de faute, tant de peine, tant de rancœur ?

La Vie ne t’a pas donné l’exclusivité du mal-être.

Crois-tu, petit saugrenu qu’elle ne souffre point ?

Traiter vos petites disputes, vos démêlés amoureux et j’en passe, histoire de cul !

Histoire de cœur en somme.

Elle devrait tous vous abandonnez au bon vouloir de la Mort.

Tu sais, elles discutent souvent.

Elles ne sont pas ennemies, ni ami d’ailleurs. L’une est l’autre et l’autre est l’une.

Et c’est ainsi depuis des lustres depuis des millions de lunes.

Dans leurs petites discussions, elles parlent de vous.

Elles se moquent de vos états d’âmes de votre nostalgie et de la façon dont vous célébrer la Mort en enterrant vos corps et comment vous lisez la

Vie en la méprisant, en l’ôtant en ne cherchant pas à la conserver.

Tu me diras, vous êtes tellement supérieurs dans l’ignorance des choses simples.

Peuple d’ego.

kH<3 Cobain

Baignade interdite

Dans une mare écarlate

Me suis-je noyé

Dans cette vie

Je n’avais plus pied

Plus de repères mais des œillères

Baignade interdite

Dans une foule mouvementée

Me suis-je noyé

Dans cette vie, dramour choyé

Délaissé, n’est plus.

D’une vision nocturne d’un jour meilleur

Baignade interdite

Dans un verre sans fond

Me suis-je noyé

Dans cette vie, addictions et fées

Fleurs morbides j’ai récolté

Aveugle de l’amour d’autrui.

Baignade interdite

Amor m’a tuer.

Chimen an mwen

Plus de rire, s’abat une pluie de soupir, Respire.

Espoir perdu, sur un chemin parsemé, Inspire.

Cet air amer de plénitude invisible.

Des sourires aussi pourris que les corps, des autres

Inanimés. De ma vie passée, un triste songe, larme

D’alcool versée dans une Guinness chaude,

Comme tes lèvres.

Enfin je m’y noie, m’y refugie

Comme il se doit.

Foie. Sans. Foi. Sang. Fois. Sens

Multiple.

Croix.

The Road

J’y ai pris joie j’y ai pris peine

Dans la Gaité coincé compressé dans un tube

La pate dentifrice du bonheur sur les dents d’la chance, jazzait le tube.

L’A13, autoroute du bonheur, qui me fit rencontrer ma passion d’antan,

L’A13, indécente, incandescente, de bienvenue.

"Pousse pas le bouchon trop loin, l’Agneau,

Il y a longtemps que le liège a cédé et laissé exploser la fureur de ces addicts”, voilà ce qu’ils disent En tisant,

"Agneau pose tes lignes invalides, de rêveurs d’une métropole accueillante autre part".

Rien n’est plaisant ici,

Même l’envie d’aimer est teintée d’un voile gris,

Pas de sourire, au pas de course, pas de prise de temps, que des prises de tètes.

L’A13, autoroute du bonheur, qui me fit rencontrer ma passion d’antan,

L’A13, indécente, incandescente, de bienvenue.

"C’est d’la faute d’la fourche dans le cul des Élus, disent-ils en teasant, Je paris que tu ne l’as jamais vu nue

Tu n’y regardes pas avec ton cœur, mais avec tes yeux de vieux nègre, tu es miro-sénile”

Elle m’aligne cette ligne, scindant la ville gauche droite, comme un Paris politique.

Échalotes du paradis

Ce printemps fit fleurir parmi les roses

Acérées, vénéneuses couleurs écarlates

Des proses, au goût de fraises de paradis

Saupoudré de sang séché.

Sous le signe de la vierge et de la balance: justice des orgueilleux fut rendue

Des mois furent comptés, des hésitations furent sanctionnées. Des baisers bisoutés.

Ce printemps est sec comme l’hiver,

Noyé dans leur oubli et je me débats, peut être ne devrais-je aimé que moi.

Ne jamais livrer mes émois.

Dans l’histoire pure, je n’ai existé, je n’ai compté car point nommé

Dans l’histoire juste, j’ai été jugé, décrypté, vomi psychanalysé

Dans les prés, c’est finalement où je devrais me refugier.

Bâton à la main, barbe et chevelure des 400ans pour marquer ma liberté

Sans coeur, sans famille, sans femmes.

Pour enfin être né et mort seul, en même temps.

Triangles et Cornes

Au nom du Père du vice et de l’artiste

Que ton poison soit sanctifié

Que ta sève vienne sur ses lèvres ou les miennes

Que ma volonté soit vidée sur la terre les yeux dans les Éthers.

Le russe

Je m’en irai d’un coup,

Sur la tempe, comme cette musique est agréable.

J’y passerai mes éternités, enfin.

Paisiblement. Néant infini.

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