Saisombre danse sèche

Comme un souffle incertain
Le feu battant le vent
Amène la chaleur dont on ne sait si c’est la dernière
Caresse d’humanité.

Les gens dansent autour du feu
Le regardent, l’observent
Comme si ils voudraient s’y jeter.

Dans la nuit sombre sans
Les lumières artificielles du confort de
Nos villes
Nous retrouvons-nous enfin?

Je n’ai que
Je n’ai quoi
Dire
Je m’en éloigne.

Je regarde le passé et les cordes
De l’univers se détendent
Ses cheveux bruns toujours les mêmes
Mais nous sommes
Dans la braise et ces rejetons
Volant
Nous sommes bien là.

Dans celui-ci
Tignasse plus courte
Nous n’étions
Et le présent m’objecte
Que jamais nous ne fûmes.

Et ce feu brûle
Devant nous
La ronde est incomplète
Nous nous vautrons dans la contemplation
Peut-être que tout n’est que répétition
Peut-être bien
Que tant qu’à faire
Nous devrions finir?

Et ce feu brûle toujours
Je sens la pluie dans l’air
Et l’herbe sort son parapluie
Qui gratte tant
Ma peau d’humain
Quand je m’y plonge.

J’ai vu l’orage
Mais j’ai oublié quelle onde me mène
Sur quelle fréquence je danse
Les ombres sont là
Leurs lueurs aussi.

Rien n’existe
Car tout est,
J’ai allumé une rouge
Et j’ai pensé aux miens.

(Extrait)

Que celui qui n’a jamais croqué dans la pomme
Et dans les fesses fermes de femmes
Se lève et parte
Je n’aime pas les menteurs
Mais encore moins les hypocrites
Et que celui qui dans les yeux
D’une sublime jeune fille
N’a voulu se vider enfin de tous les tracas de ce monde
fuis aussi.
Et moi j’erre
Avec ma bière et mes sales lettres
et moi j’aime mes petites menottes
Et le son de la pierre
Quand ma gueule sur le pavement ramasse
Les pas de passantes et l’odeur nauséabonde si touchante

Du genre Humain.