Mon Rocher

Y’a cette gamine
Qui démange
Avec son sourire
Et sa curiosité
rend febrile
Ma routine
D’homme lassé.

Elle me raconte Kinshasa
Sans rien donner
De plus.

Me dit qu’elle aime
ma prose
qu’elle la transperce
la rend toute chose.

Et son sourire
Est moins doux que ses lèvres
Et son regard
Est moins perforant
Que ses yeux
Qui pétillent.

Et moi
Le moi de société
De regles
Ne peut rien faire d’autre
Que de l’imager
Sur mon lit,
Découverte.

all inclusive

S’échouent sur nos rives
Plastiques et déchets de nos vies
D’humains urbains
Mais les vagues n’oublient jamais
L’incertain et le chamboulement du confort et des murs
Risibles qu’on
A construit.

S’échoue sur nos berges
La gerbe inconnue
Qui nous revient du passé
Nous rappelant au combien compte
Le battement d’ailes
Et les pavillons d’où nous gérons la misère
Que sous les damnés de la terre et
Les câbles nous tentons
De cacher.

S’échoue sur nos plages
A la place de nos carcasses de baleines gonflés à la mal bouffe
Et huilés de monoi
Le convoi de ce monde
Et les bouteilles gardent ce message
De l’histoire
Qui se répète comme égratignure sur nos
Vies
Nihilistes.

Les falaises
Le précipice nous attirent
Les barrières
Le ciment nous tirent
Mais rien ne protège
La distance fend nos crânes
Et nos sens
Nous mentent
Devant ce spectacle éclatant de couleurs
Nous sommes devenus insensibles
A l’invisible douleur.

Et dans les nuages pollués
Nous comptenplons les mirages
Du progrès.

sea, riant! see, rien.

Les jours sont gris
et oui ici, les sourires sont des brises
sèches.

J’ai la gerbe dans l’oesophage
et mon estomac
Crache le feu
Du citron
Et du tue diable.

Je veux être sans
Émotion
Et pourtant je bois
Pour calmer la moisson
.

Mieux vaut ingurgiter le liquide
Que d’le vomir
Par mes yeux

J’essaye d’être lucide
Athée
Et pourtant je prie
Un
Dieu.

Quand dans le fond d’un verre
J’ai vu mon reflet
Ma gueule prend la forme
D’un être à trois yeux.

Les narcotiques
Veulent me plonger dans un sommeil
Que depuis l’enfance je recherche
Dans un clin d’oeil
Partir
Un jour
“Pour être libre”
Avec un putain d’accent français
Parlant la langue du perfide albion.

Ma poésie de travers
Comme un jet de pisse
Dans un ruisseau.

Les jours sont gris ici
et les rires sont des braises
Ardentes
Dans l’obscurité
De la vie.

Le cri de la Tribu

 Texte à quatre voix de la tribu des rimes crépues (Loupragan, Pierric, kramrragneaupimente)

Je suis de la tribu des rimes crépues,

De ceux qui boivent le crépuscule,
Puis dansent sur le mercure,
Avec les reflets de la lune.

Clameurs qui chavirent les passants quand le marché déborde des rues…
Vidés sans papas ni mamans où la foule en joie se fait vague sans reflux.
Rimes crépues.

Je suis de la tribu des rimes crépues.
Nous nous délectons du feu en fût ou en bouteille,
mélangeant épices et contenu sur un tissu de rêveries vermeilles.
Et les soirs de pleine lune, entre racines de fromager et dunes de sable blond,
nous retrouvons la voie grâce à cette potion, l’onctueux punch po chapé,
divin breuvage liberté offert aux damnés de la terre.

Entre le bitume fleurit et les visions de Rachel Mac Adams
S’évade
Le lourd tribut des rimes crépues
Du peuple des arbres en ciment
Qui chante une saveur du sud,
Glissante
En réponse à notre rire, seule arme fiable et tranchante.

Je suis de la tribu des rimes crépues.
Tempérament volcanique,
Tempête couvant ; à l’ombre d’un calme olympien
S’embrassent nos plaques tectoniques.
Lente et puissante, la lave coule dans les veines des miens.

Je suis de la tribu des rimes crépues,
Notre verbe résonne,
Comme les coups de poings,
Caressant la peau tendue,
Du bouc émissaire.

Ti-bois qui claquent sur une ZAC de goudron nu.
Dominos frappés secs. Paroles qui montent Fiap !
Éclats de rires de rhumiers que noient des dettes échues.
Rimes crépues.

Le cordon ombilical,
Noué à la gorge,
Nos voix reposent,
À l’ombre d’un fromager.

Cascades-milans, cycloniques ragots, torrent des douleurs tues.
Jalousies couvrant nos pleurs-ravines sous l’alizé des espoirs déçus.
Rimes crépues.

Je suis de la tribu des rimes crépues
Le début de la décrépitude,
La fin de l’ancien,
L’hallali de l’habitude.
La Rome antique brûlera!
Le brûlot au sein de ses champs sémantiques,
L’incendie se propagera par fibres optiques.

Alors nos paroles se font flammes,
Lorsque nous brûlons la nuit.

Au petit matin
entends-tu ce rythme divin?
Chaque mot marque et abat:
Je suis de la tribu des rimes crépues.

Nous aimons les lignes
chabines,
Bannies du jour et de la nuit,
Êtres de l’entre deux temps
Mots phrasés,
craints des morts comme des vivants.

Bousculant les plus sombres d’entre nous
Oscultant les recoins de la pénombre à la recherche de votre “vous”
Tue diable dans l’oesophage
Et a cet instant nos paroles se font flammes
Lorsque nous brûlons l’ennui.

Rimes crépues.

RomEnt d’égarement

À la gare deux amoureux se sont retrouvés
Dans leurs baisers se mêlent l’absence, la passion et les secrets de la tentation.

À la gare deux amoureux se sont séparés
Dans leur baisers se mêlent l’espérance, les pleurs et les secrets de l’inconscient.

À la gare comme beaucoup de passants je m’y suis inanimé,
Spectateur infortuné des danses d’un animal sentimentalisé.

À la gare comme beaucoup de passants je m’y suis animé,
Acteur d’une infortune que jusque-là je n’avais su décrypté.

À la gare, moment d’égarement,
Un regard, des dégâts, un déraillement.