Extrait 5: petits poèmes pour grands amants

Et peau, couleur soleil
Et mes lèvres doucement la baisent
Je mets mes doigts dans ta bouche
Pour que ta langue dicte mon poème.

Tes cuisses m’entourent
Et je perds mon souffle
Dans ta fleur
Tes seins dominent, mes songes
Et le temps avec toi est un mensonge.

Tes reins, remuants
Sur moi
De bas en haut, ma tige tu espères
te délivrera.

Je ne sais le lieu
Je ne sais le but
Ton antre ouverte
Je comblerai du jus.

Et lentement. Tendrement.

Tu seras mienne,
Tes yeux verront la clé
Du paradis
Dans les draps
Cambrée, donnée à moi
Tu t’abandonnes.

monts de marchants

Depuis qu’on a mis des femmes sur 3×4
et des hommes dans des caddies,
la fente de la machine reste le seul sourire
Devant les racistes et les sponsors, même la banane s’aplatît.

L’achat est devenu, pièce
maîtresse, médicament
des amitiés à moitiés moisies à crédit.
L’habit toujours, preuve de réalisation à trois sous,
comme en témoigne
ce théâtre sans scène, spectacle sans fin
qui se nourrit du débit des applaudissements
et des pouces en 01.

Tout ceci est fade
plus rien n’émerveille
et les babioles, raison de devenir, s’amoncellent
pourtant avec tous ces cliquetis, avec tout ceci nos esprits s’évadent
et nous croyons, comme des enfants, que dans le vide
résonne le son.

Sur le divin blanc

Donne-moi tes yeux
que je les brule
des amours dont tu t’éprends

J’ouvrirai
Ton coeur
et des deux valves
deux iris
neufs
pour que jamais
tu
ne penses
la normalité
d’une perfection
factice.

Et de tes lèvres
Délicates

je ferai
des feuilles
sur lesquelles
je déposerai
les plus beaux mots
Odieux comme un goujat
Remontant l’olympe
Avec Era, petite-mourue.

Donne-moi tes rêves
Dans la machine des machos
Qui nous enfante
Et qu’on creuse
Le vrai.

Sur tes joues
Deux proses posées
Crayon sans tailleur

Sans mine dis-moi
Ou trouvera-t-on
Les diamants qui briseront
La glace
De cette vie rêvée vécue ?

Sens la paume de ma main
Et tous mes doigts
Te dérober.

re-spectacle

Y’a cet immeuble
Qui regorge de pauvreté
Et cette fenêtre d’où
S’échappe l’ombre d’une femme
Qui se change
Et je guette
La silhouette est un désir
Dont on laisserait la noirceur
Nous prendre dans des
Recoins
Est-ce toi
Que je matte
Sur les rideaux s’impriment tes courbes
Sèches
Voluptueuses
Et avec ta danse
J’ecris les derniers
Contes
Du con qui compte
En verres
Ses seules mesures.

aline

Je l’ai relevée en lui attrapant le cul comme on porte un pack de bouteille d’eau et la table basse a reçu son dos, moi glissant ses bas en dentelle jusqu’aux genoux.

Je l’ai prise les deux jambes levées, sa culotte menotaient ses mollets et ses mains s’accrochaient tant bien que mal au bureau quand je la pénétrai.

Un.

Deux.

Trois.

Quatre.

Et j’aggrippe ses gros seins et lèche sa nuque.

Trois. Quatre.

Cinq. Six.

Sept.

Huit.

Neuf.

Dix.

Onze. Douze.

Je respire, et ma sueur coule sur son pubis et fais luire des quelques poils avec la lumière de la lampe de bureau.

Treize.

Quatorze.

Quinze.

Seize.

Dix sept.

Dix huit. Dix neuf.

Et je vins. Sur sa cuisse mon sperme tagait sa peau caramel. Elle passa ses doigts pour capturer ce qui restait a l’extérieur de son corps, caressa sa poitrine et lécha la masse visqueuse en la passant sur ses jours et entre ses lèvres.

– la prochaine fois, tu te laisseras Naturel. Je n’aime pas niquer les peaux de bébé!

Je remis ma chemise et remonta mon pantalon. Je quittai la pièce et cette chambre d’hôtel, sans la regarder.

mélodie

There is a sad song
Playing
At the ballroom
Man
Woman
Men
Women
Woes and words.

There is a sad song
Playing
In my room
Can you hear it?

There is a sad melody
Within us
And our blood is cursed
For all the dads and the moms
raising children
with rules.

We are a sad song
and earth is laughing.

revoir les printemps

Puisqu’à la gare
Se multiplient les départs
Et qu’les sourires chassent les pleurs
J’ai pris un temps
Celui de l’entrain
plier les coins de la feuille
la transformer avec force et finesse
en fleur
Enfin
Dans le dernier wagon
A la dernière fenêtre
le bougon bourgeois
matte le spectacle
Et se délecte des lectures
des arbres, collines et des prés
récifs de cette vision du voyajouisseur
Quand les pétales choient sur la vitre
Ne reste que les miettes du futur de la première classe.

Jamais classe
Je m’éclate
Jamais classe.

Je change de place
J’avance
En marchant
Je prends enfin le temps
De regarder le paysage
Des êtres jonchés
à la périphérie du moi
Leur parler
Et écouter
Leurs histoires qu’ils me transmettent
le sentiment de ne pas être seul
dans cet immonde
Ils disent que mes yeux et mon cœur sont grands
Qu’il faut que je les protège
Des orages et des sièges vides
Ou ceux où d’autres
Se sont déjà assis
De les tâter
Avant d’y poser mon cul.

Jamais classe
Je m’éclate
Jamais classe.

Puis en courant entre les sièges
Je ne salue plus les passagers
A tout va
J’avance
Je tente de rallier mes rêves,
Et mes réalités laissées
Dans un triangle peu boisé
J’arrive enfin
Et à la porte
Je frappe
mais rien
et je frappe
mes mains
que je ne sens plus, changent de couleur
et mon regard
suit ces larmes
sur le sol sale
se trouve un badge
et je contemple
le coeur purgé
les yeux vidés
et dans le plus grand calme
Une toile écarlate se peint sur cette porte silencieuse.

Je m’éclate.

emma

La routine rend l’autre mobilier qu’on range
Au pire accumulation d’un capital
Qu’on dépense pour l’avoir
Sans le besoin.

L’autre
Comme un livre dans une bibliothèque
Nous classe.

Il faudrait que je sois
Nécessaire
Automatique
Comme une bouffée
D’air.

Nous ne sommes que produit
Qu’on ouvre
Qu’on dévore
Quand l’envie nous prend.

Févite Féverte! Frévert, Frésaire!

V’la l’vague à l’âme
V’la l’vagabond qui erre dans les rues de Paname
V’la l’vaurien qui choie
Sur les berges beiges d’la Seine.

Le sourire béat
Trique pour cette vision d’Emmanuelle
sur la rive
Chaise en rotin
Tourbillon d’écumes
Cheveux dans les coussins.

Des doigts d’été
Scarifiés de constat et consonance
Sacrifiés par les brûlures
De mégots et pintes
L’écoeur incendie
La trachée
Arrachée par des bribes de mots
Crachés au vent du doux
Pouris.

V´la vagabond
V´la l’con
Qui saute les rimes
Et joue avec les femmes
A tend ton menton.

Frictions visions

Le rendez-vous était fixé depuis une semaine. Mercredi à 18h. Elle savait que j’avais rêvé d’elle. Le goût de son cou sur ma langue et les baisers, suçant sa saveur jusqu’à l’en dérober. Suzanne avait accepté. La curiosité mêlée au tabou faisait divaguer son esprit . En pensées multiples.

« Allait-il dans un coin sombre me prendre, me soumettre contre un mur à ses fantasmes? »

Il était là. Son plan ne s’était pas déroulé comme il le souhaitait . trop de monde . On devait être seul. Il y avait une table de huit personnes. Je voulais le provoquer en l’invitant à s’assoir à coté de moi, pour le rassurer surement. Le ton de ma voix l’avait dompté, il sembla moins déçu quand il pris place à coté de moi et que ma jambe frôla la sienne. Une invitation romantique, et un peu désespéré tant elle fut anodine.

Sous la table il a glissé ses mains sur mes cuisses , la où ma jupe finissait et mes genoux, comme des falaises infranchissables, étaient recouvert d’un filet nacré. Sans attendre il fit mine de s’avancer plus près de la table pour prendre son verre avec main libre. L’autre prisonnière, entre mes cuisses faisait des allées et venues près de la source chaude, comme on s’installe devant un feu de cheminée, dont la chaleur qui fend l’air froid, la rend attractive et mortelle.

J’ai profité qu’elle sorte de table pour se rendre dehors pour fumer une clope, pour lui demander sans détour, de retirer sa culotte avant de revenir s’installer à table. Je pouvais jouer avec ses bas sans problème, sentir sa fente entre mes doigts s’élargir ; m’y accueillir. Deux couches de tissus brouillaient la piste, et mon désir se perdait. Je me demandais si je la touchais bien là où je le voulais, là où le torrent s’écoule au bruit sourd de gémissements glissés dans un verre de vin rouge.

« Il fait moins chaud, tu ne trouves pas? ».

La table en bois et la nappe commentaient l’absence de Suzanne, qui surement, s’était égarée dans une conversation avec l’une de ses amies en fumant sa cigarette. « Il m’a prise pour sa jupe, j’ai pensé tout renverser » La nappe chamboulée se plissait d’une gene, croyant que l’armée de verres et de bouteilles avaient remarqué les mouvements qu’elles subissaient.

« Il n’a pas idée du temps que cela prend pour retirer des bas et une culotte ».

Je suis revenu après dix minutes m’asseoir près de lui, sans lui addresser ni un regard ni la parole. Je me suis incrustée dans la conversation sur le prix des soirées et du fait que les hommes devaient toujours payer et que pour les femmes cela étaient toujours gratuit, d’une façon ou d’une autre. J’ai laissé la conversation se terminer, puis lentement j’ai caressé avec mon pied sa jambe inerte qu’il laissait trainer en dessous de la table. Lentement. J’ai écarté les cuisses, assez subtilement pour qu’il comprenne, que les anges ne gardaient plus la porte, que le diable l’y attendait, chaleureusement et patiemment jusqu’à la fin du diner.

agneaupimenté