D’une, des sables

Elle est des après-midi pluvieux
Des nuages gris et du vent sur la mer déchaînée
L’odeur du thé bergamote effleurant les poèmes ancrés sur sa peau salée
De sa chaleur glissant sur les dunes
Elle est des après-midi où l’on tourne les pages du temps comme celle d’un bon bouquin
En humectant le bout des phallanges
Pour être sûr de toucher l’héroïne.

Elle est des matins
Beaucoup trop tôt et de l’odeur du café
Parfum, répandu sur des draps plissés
De rêves doux et chauds dont on se sort difficilement.
Avec sa lingerie noire formant les zones d’ombre
Où la pensée et le désir sombrent ensembles dans l’abysse du suggéré.

all inclusive

S’échouent sur nos rives
Plastiques et déchets de nos vies
D’humains urbains
Mais les vagues n’oublient jamais
L’incertain et le chamboulement du confort et des murs
Risibles qu’on
A construit.

S’échoue sur nos berges
La gerbe inconnue
Qui nous revient du passé
Nous rappelant au combien compte
Le battement d’ailes
Et les pavillons d’où nous gérons la misère
Que sous les damnés de la terre et
Les câbles nous tentons
De cacher.

S’échoue sur nos plages
A la place de nos carcasses de baleines gonflés à la mal bouffe
Et huilés de monoi
Le convoi de ce monde
Et les bouteilles gardent ce message
De l’histoire
Qui se répète comme égratignure sur nos
Vies
Nihilistes.

Les falaises
Le précipice nous attirent
Les barrières
Le ciment nous tirent
Mais rien ne protège
La distance fend nos crânes
Et nos sens
Nous mentent
Devant ce spectacle éclatant de couleurs
Nous sommes devenus insensibles
A l’invisible douleur.

Et dans les nuages pollués
Nous comptenplons les mirages
Du progrès.