Saisombre danse sèche

Comme un souffle incertain
Le feu battant le vent
Amène la chaleur dont on ne sait si c’est la dernière
Caresse d’humanité.

Les gens dansent autour du feu
Le regardent, l’observent
Comme si ils voudraient s’y jeter.

Dans la nuit sombre sans
Les lumières artificielles du confort de
Nos villes
Nous retrouvons-nous enfin?

Je n’ai que
Je n’ai quoi
Dire
Je m’en éloigne.

Je regarde le passé et les cordes
De l’univers se détendent
Ses cheveux bruns toujours les mêmes
Mais nous sommes
Dans la braise et ces rejetons
Volant
Nous sommes bien là.

Dans celui-ci
Tignasse plus courte
Nous n’étions
Et le présent m’objecte
Que jamais nous ne fûmes.

Et ce feu brûle
Devant nous
La ronde est incomplète
Nous nous vautrons dans la contemplation
Peut-être que tout n’est que répétition
Peut-être bien
Que tant qu’à faire
Nous devrions finir?

Et ce feu brûle toujours
Je sens la pluie dans l’air
Et l’herbe sort son parapluie
Qui gratte tant
Ma peau d’humain
Quand je m’y plonge.

J’ai vu l’orage
Mais j’ai oublié quelle onde me mène
Sur quelle fréquence je danse
Les ombres sont là
Leurs lueurs aussi.

Rien n’existe
Car tout est,
J’ai allumé une rouge
Et j’ai pensé aux miens.

tourment tonte

Il y a une lettre d’amour
Dans un des livres sur mon étagère
Il y a une lettre d’amour
Dans l’ouvrage de Pauline Réage
Dans laquelle une jeune femme m’énumère,
Les choses de la vie, de l’existant
Qu’on ne touche pas, aux sentiments
Qui animent l’âme, dans une caresse avec les doigts.

Je ne sais
Si
Mes cicatrices doivent être visibles
Ou si je
Dois en faire des rangées
Que l’alcool et les pleurs
Changeront en lianes fleuries.

Il y a une lettre d’amour
Dans une des lignes de ma prose amère
Il y a une lettre d’amour
Dans mon verbiage agressif
Et j’énumère
Les colères
Le mal-être de ce bonheur précaire.

Olimoli

M’amène sa serenade sereine
Ses reins
s’animent et je m’élève
Je marche sur Vénus
et vénère vaincu
ses monts
à quatre pattes.

Nébuleuse et trou noir
Conquistador
De ses saveurs
L’éther promis
au s’permétaphore.

Balle en jeu.

Holy molly
Son triangle pré de camomille
jardin d’eden
abricotier
d’où bondit l’obélisque
qui perfore frénétiquement
la jungle au rythme
des coups de Reine.

Et l’étincelle que crée nos épidermes
Décime l’air
A toute allure
On va et les plis viennent
La houle et sur les crêtes
L’Écume des jours.

Balle en jeu.

Cascades
Galipettes
Roulades
Glissades.

Balle en jeu.

Au lit
On aime
Hématomes sur les
Coudes
entre les cuisses
Magie
Petites lèvres
Épaisse sève
Et dans le rêve
draps, cadavres, bras
Pa moli.

Balle en jeu.

Omarié

Le cercle de la vie
ce maître
Trop bon
au diamètre
Trop grand
Faut pourtant, trouver à ta taille
La corde, et la serrer
Serrer.

Et l’animal carte de pique et triangle
S’éreinte
En spiral
On tourne; et à chaque tour
pensons-nous renaitre.

On répète
On s’entête:

Omarié
Omarié!

On encercle la vie
de cases
à remplir
Et au final
Elle ne demande qu’à détruire
Les murs
Quand on est prêt
Enfin
Et qu’on se lasse
La maîtresse nous apprend les leçons
Qu’on répétera avec notre cœur d’homme
Enfouis,
Et l’amant table sur
Cette nouveauté obsolète
Qu’est le plaisir
Du corps
Et en décors
En rideaux tirées
Et draps mouillés.

Des pleurs qui décodent
Décortiquent les cœurs
Cinq à s’être fait
Heurt pour l’autre
Et on y croit
Et on y sombre…

Omarié
Omarié!

Nous chantonnons
Pour le champagne
Et les futures galipettes
Sur le canapé
Les poussettes macLaren
Et les sucettes
De la secrétaire
Les langues qui se délient
Pour faire taire,
L’adulte.

Omarié
Omarié

Je trinque
Et titube
Dans ma tête
Pas claire
J’ai le bonnet d’âne
À cette séance sacrée
Dans le coin
Les yeux rivés
Sur le décolleté de la mariée
J’me marre
Y’a de l’espoir dans la vie
Entonnait le tube:

Omarié
Omarié!

Un rite, j’effeuille une marguerite

Tapis nus sur un champs de blé
Je t’aime
Et je retire ton tee-shirt
En comptant les nuages.

Tapis nus sur un champs de blé
Je t’aime a la folie
Et ton jean glisse sur tes cuisses
Et tes poils s’herissent.

Tapis nus sur un champs de blé
Tu m’aimes plus
Et tes mots figent mon être jusqu’à la moelle
Et tes doigts me manquent.

Tapis nus sur un champs de blé
Tu m’aimes un peu
Et tu me fais naviguer dans une ville que je connais peu
Et ton sourire me guide.

Tapis nus sur un champs de blé
Tu m’as
Et
Je t’ai
Et dans la limite du vent
Nos ruisseaux se mêlent.

clopobec

Et la race
Avance
De pierres, nous construisons
Des phallus
Démolis avec le temps.
Mais qu’importe
les leçons
“Saisis le moment”
le cours du passé
chute
en dessous des genoux
caleçon baissé.

Et nos mômes
Vaincront
Enfin je crois.

Qu’on s’entête
Et dans le vide
On se projette
Qu’on envoie cette fierté
Pour un monde mieux meilleur
Voir Jupiter,
Visiter Vénus, vu d’ici, risible vicissitude.

En clair
La terre
Un croquis raté
Par des artistes, par des explorateurs
Trop obsédés
par l’idée de l’idée
ventilant le carpe diem, des maximes maximisantes de l’esprit
broyant l’humain
écarteur de bouches pour placarder le bonheur
sur nos têtes d’illuminés.

Vive le grandiose
Vive la thune
Vive la démesure
Et dans cette démence déniée,
nos mômes
Vaincront
Enfin je crois.

Gaudi dit.

Dans un coin sombre de mon esprit
Entre les vagues, les va et vient
Marins
Se trouvent l’île
Dont ton corps
Insipire vallées et monts.

Et de ton franc parler
Se dessinent
Les falaises
D’où se jettent les corps des autres perdus
Et mon âme aussi
S’écorche
En dégringolant
Laissant lambeaux
En guirlandes
Sur les branches séchées par l’océan
Et mon sang,
Giclant
Perle l’albion.

J’époumone en silence
Sous ta jupe dans ce café
Parisien
Un ouragan de lettres qui se lient
Et mentent
Pour ton sourire
Et tes yeux qui cherchent
Tous,
sauf les miens.

Je tente de déchiffrer ce qui est
Par son absence.

Mes mains sur tes cuisses
Mes doigts dans
La chaleur chaude
De ton être.

Les chants de ta voix
Les mélodies
D’un souffle saccadé
Et cet instant
Les temps se composent
à l’humain
Et c’est tout.

Je prends mon brouilly
Qu’le brouillon du brouillard de ton désir
Fasse
Sens.

Que tes lèvres
M’aspirent
Que le bonheur se fonde.

divers

On se caille
Dans ce monde
Nous sommes automates
D’un hiver qui n’a de printemps.

Ah tu sèmes des graines
Et attends
Comme un con
La fleuraison?

Les cons courent

Comme le postier
à qui l’on demande
de livrer
sa propre lettre de démission,
Les mots dans la boite
et je deviens
soumission.

Pour des pouces vers le haut
j’ai troqué
Cocottes contre papier
Et dans mon canari
Mes dernières loques
M’applaudissent
La soupe populaire
A le goût du goudron
Et de l’oubli.

n’est vainqueur
dans cette danse
Qu’une rythmique
Pré-établie
Je laisse
Mes dés à Dieu
Et mes poignets
À mes bracelets dorés.