Caverne et champignons

Et puisqu’on meurt
Tous
Banalement
car la mort est mère
De la vie qui nous tend
Ces pauvres
Fruits

Paris.

Je regarde Carole
Et sans voix je…

Et puisqu’on meurt tous
Dans les vibrations de satins
Et dans les tons blonds
Du brun de ses mèches
Mec
Je me veux fini.

Près du pont des arts
Sa voix
Son allure
Son signe près de l’œil
ses lèvres.

Je me veux mort.

Si ce soir
L’architecte me tue
Faudrait vouloir
Plus que des fleurs
Pour ma tombe
Et
Des chants joyeux pour mon
Futur vécu.

J’en veux un baiser
Qu’un baiser
Doux
De ses lèvres
Et je serai en paix.

Laissez-moi pourrir!
Mon être
Mon cœur
Jonché de muguet
Dans la ville de Pouris
Tout ce qui se meurt est
Un bouquet de bises bisoutées.

Demoiselle Philosophie

Toison de feu brulé
Le poil dru qui me rappelle
Les herbes folles
d’une saisombre
Sèche
Chez moi,
Sous le soleil
et le jus des mangues sauvages.

J’emprunte ses genoux pour remonter
à la source d’envie
Le triangle de vie
Quand ses yeux ronds se baissent
Par timidité
Honte, gêne d’être ainsi dévoilée
J’aurais aimé que ces yeux
M’offrent leur beauté
Quand elle m’a baisé, avec des cuisses
Sucrées et voluptueuses à souhait.

 

Toison de feu brulé
Entourée de collines déboisées
Au nombre de deux
Il semble bien loin
le temps des jeunes filles
Quand les femmes sont devenues,
Reines.

Une nuit,
Lumière éteinte
et feux brillants par la fenêtre
J’ai pris ses lèvres, entre les miennes
Lui demandant à l’oreille si
Elle aimait quand son abricot était dégusté.
Sur son canapé, debout
Je lui ai écarté les cuisses
Et ma langue a fouillé
Pour trouver enfin
La saveur chaude,
De l’écume amere.

Parisite – LesFemmères

Moi j’n’ai vu

que les femmes de la ville

Leurs styles et leurs manies

leurs beautés et les leurres

qui

en découlent.

Moi j’n’ai ici

que les yeux en juge

et l’esprit qui décrit

les jupes.

Moi j’n’ai vu

qu’entre leurs courbes

les portes d’un paradis dont on

me ressasse les bien faits

depuis petit.

Un appel divin

à la superposition

des couches de peau

encore mieux

si c’est un dégradé.

Mouilles d’Octombre

durant les durs mois d’Etait

mêmes ceux des Septombres

j’ai cherché

sans but

sur les pavés mouillés par leurs belles fleurs

des raisons aux saisombres et à l’envie

les octombres annonçant avec ferveur

les seuls restes d’un Divers

constituant

les cendres du gâché

de ce dont on n’est jamais comblé

de celles dont les trench filent

dans la ville

aux milles lumières éteintes

j’ai sombré dans ses filets

rien de plus

je ne parfais mes coeurs qu’à la sauce de l’imparfait.

sauce chien

mélange infâme

un manger cochon une raison en moins de vivre

moins ivre

je répète les mêmes recettes

les mêmes succins échecs que

je vis de façon ambulantes

je peinture

d’orouges les murs

que mes doigts secs

sexent sans gene

et mes poumons et mon foie

de grisâtres de plombs et d’histoires noires

la ville nous naît

nous anéanti

tissant de son

sans échos

bruits sourds

nos vies trop chantantes de larmes

 

oh vous  êtes heureux vous?

 moi je préfère lire

rire peu

m’evader dans l’alcool

car colérique

sans double sens

trop de vacarmes entre potes

pots d’échappatoire réduit

respire c’est le vide.

Le son de l’âme contre le bois

je me ferai lui
que tu oublies tous mes travers
que tu m’aimes comme tu as aimé
je sais
ce n’est que du faux mais
mes maux s’effacent
devant toi.

ton désir
me nait en autre
je serai lui
tu m’aimeras pour ce qu’il avait
des carrosses entêtés
de l’ambition.

touche-moi tu verras
je serai lui
quand il jouit
qu’il te dit
je suis tien.

prends-moi car je n’appartiens à l’instant
je suis hors humain
je me veux tien
que tu m’acceptes enfin
si le prix est d’être lui
je le ferai à ta guise.

montre-moi
monte-moi
je serai autre pour l’amour
que je te voue
j’accepterai d’être
un pantin que tu aimes
que tu décides des amours et des passions.

il n’y a rien d’autre que
je ne puisse faire tu
n’aimes rien de ce qui est moi
tu t’émeus des gestes passés
et cela me meurt.

Brune Gauloise

et mes lettres envoyées ont-elles
attisés les flammes du feu amour
dont tes ailes me recouvraient?

ou celles
indifférentes telles les misérables bises
envoyées au commun
des passants de la Seine à la Tamise?

fille des merveilles de la ville aux lumières
toujours en veille.
vieille manie hautaine du poète
pansant

tout bon
tout cœur
déployé

Pense mes enveloppes comme les pavés
de ta ville chérie
qu’elles brûlent comme mes lettres
que tu n’as sans doute jamais lu.

Parisite – AkaPiewo (extrait)

yonn

dans le bar
des barbares
alcool de cannes
part dans l’oesophage
de facon sage de facon grande
gamins divins ne tremblent plus en tournant.

cuillères
sucre

petits verres petites doses
les barbares succombent et sombrent
ici c’n’est ni Paris mais Pouris.

cesse
nie

mais dans l’ensemble en
créole gras Guadeloupéen:

pa kouri
rété pou mwen pran-w
kon sa
ronm ka fè mwen mèt
men si tèt
èvè bonda a fanm ka rann
tout’
nonm san nanm

rires
paroles alambiquées soupirs

tourne
tourne
remue remue
et le liquide vit
et la jouissance vient.

le père noble damoiseau tourne l’esprit
furent-ils damoiselles
leurs robes nous auraient mis au sol
nos ailes
recroquevillées sous nos longs
membres imaginaires de négroïdes

Oeil,
cherchant sous le cache,
triangle l’origine de la vie.