Sur le ventre de ma psy

– Qu’est-ce que la folie?

Elle me regardait au fond de la pièce, croisant et décroisant ses jambes avec la délicatesse de danseuse en tutu. Sa question était sortie de nulle part, comme on interjette un arbre, quand lors d’une soirée trop bourré dans Pouris ou LondSome, on s’attend à une réponse.

– C’est un trouble mental…un acte déraisonnable?

J’avais vaguement baragouiner une réponse qui avait pris la forme d’une question. Mes lèvres avaient amplifié l’hésitation en faisant vibrer les plis de mon front. Une crise de carence en magnésium, je crois. Lire la suite

Frictions visions

Le rendez-vous était fixé depuis une semaine. Mercredi à 18h. Elle savait que j’avais rêvé d’elle. Le goût de son cou sur ma langue et les baisers, suçant sa saveur jusqu’à l’en dérober. Suzanne avait accepté. La curiosité mêlée au tabou faisait divaguer son esprit . En pensées multiples.

« Allait-il dans un coin sombre me prendre, me soumettre contre un mur à ses fantasmes? »

Il était là. Son plan ne s’était pas déroulé comme il le souhaitait . trop de monde . On devait être seul. Il y avait une table de huit personnes. Je voulais le provoquer en l’invitant à s’assoir à coté de moi, pour le rassurer surement. Le ton de ma voix l’avait dompté, il sembla moins déçu quand il pris place à coté de moi et que ma jambe frôla la sienne. Une invitation romantique, et un peu désespéré tant elle fut anodine.

Sous la table il a glissé ses mains sur mes cuisses , la où ma jupe finissait et mes genoux, comme des falaises infranchissables, étaient recouvert d’un filet nacré. Sans attendre il fit mine de s’avancer plus près de la table pour prendre son verre avec main libre. L’autre prisonnière, entre mes cuisses faisait des allées et venues près de la source chaude, comme on s’installe devant un feu de cheminée, dont la chaleur qui fend l’air froid, la rend attractive et mortelle.

J’ai profité qu’elle sorte de table pour se rendre dehors pour fumer une clope, pour lui demander sans détour, de retirer sa culotte avant de revenir s’installer à table. Je pouvais jouer avec ses bas sans problème, sentir sa fente entre mes doigts s’élargir ; m’y accueillir. Deux couches de tissus brouillaient la piste, et mon désir se perdait. Je me demandais si je la touchais bien là où je le voulais, là où le torrent s’écoule au bruit sourd de gémissements glissés dans un verre de vin rouge.

« Il fait moins chaud, tu ne trouves pas? ».

La table en bois et la nappe commentaient l’absence de Suzanne, qui surement, s’était égarée dans une conversation avec l’une de ses amies en fumant sa cigarette. « Il m’a prise pour sa jupe, j’ai pensé tout renverser » La nappe chamboulée se plissait d’une gene, croyant que l’armée de verres et de bouteilles avaient remarqué les mouvements qu’elles subissaient.

« Il n’a pas idée du temps que cela prend pour retirer des bas et une culotte ».

Je suis revenu après dix minutes m’asseoir près de lui, sans lui addresser ni un regard ni la parole. Je me suis incrustée dans la conversation sur le prix des soirées et du fait que les hommes devaient toujours payer et que pour les femmes cela étaient toujours gratuit, d’une façon ou d’une autre. J’ai laissé la conversation se terminer, puis lentement j’ai caressé avec mon pied sa jambe inerte qu’il laissait trainer en dessous de la table. Lentement. J’ai écarté les cuisses, assez subtilement pour qu’il comprenne, que les anges ne gardaient plus la porte, que le diable l’y attendait, chaleureusement et patiemment jusqu’à la fin du diner.

agneaupimenté

Jour 21 – Tombons, dans Septombre

Tu dis quoi le moi?
Je sais. Rien n’est plus beau que la jambe en l’air sur un canapé en buvant du vin rouge. Je sais, je te dis que je sais. Il y a aussi toutes ses filles et leurs démarches, pourquoi ne sont-elles pas la meilleure chose? Simplement car je n’aime pas les autres et partager ces moments de bonheur, seul dans le sombre c’est ce qui me reste de liberté saine je crois.

Tu entends la pluie dehors? Elle applaudit la ville et ses lumières. Ce bruit? Ce ne sont pas les orages mais les oiseaux de fer qui grondent dans le ciel. Mais je parle trop, laissons le silence s’étendre.

Jour 20 – Le refus, je.

J’ai mis une chaise au milieu de mon jardin, pour m’asseoir et contempler le temps qui passe. Les avions rythment ma journée et pisse sur moi les litres de kérosène brulés. La chaleur du soleil est douce, comme chez moi, la bas. La ou j’ai laissé le calme de ma vie. J’ai mis une chaise au milieu de mon jardin qui n’en est pas un. L’urbain que je suis devenu prend pour pavé son jardin et les roses brillent la nuit venue. Elles scintillent si fort qu’elles m’ôtent le sommeil. Malheureux compagnon depuis quelques lunes.
Je ne sais pas ce qui pire. Je ne sais pas ce qui est meilleur. L’écriture ne sert plus de tampon. J’ai bien peur que je ne me meurs avant le Divers. Mes envies sont courtes et l’attente est longue; quand est-ce que mes étoiles brilleront assez pour me réchauffer le cœur?

Jour 19 – Le con (quérant)

Il est 2:05 après minuit, un pain noir german rye, une clope et je regarde les étoiles.
la cendre qui foule le sol me supplie de ne pas gâcher le goudron.
Qu’est ce que je veux de plus?
Des femmes nues tous les jours ou la quiétude des instants libres, alcoolisés.

Jour 18 – Politrique

Le plus beau dans cette histoire c’est que chacun construit, avec sa peur et la féroce envie d’exister et d’avoir recourt à tous les droits pour, l’ennemi qu’il veut combattre. Cet ennemi hypersécuritaire, totalitaire, empêchant la croissance de l’esprit.

Je pense que les pires sont ceux là, les combattants de leurs libertés, les nouveaux esclaves des croisades moralistes, les suppôts de l’obscurantisme du bien, dans remise en question du comment.

Jour 17 – La Java des éléphants

Je voulais écrire quelque chose de profond aujourd’hui, mais comme toutes les bonnes idées, elle a disparu quand j’ai à peine mis le pied droit hors du lit. Je devrais mettre en note: Carnet et Stylo à moins d’un mètre de mon bras droit.Mes voisines font encore la java, avec leurs pas d’éléphants. Je me demande vraiment comment deux petites créatures, peuvent faire autant de bruit en marchant sur le parquet. Des bruits de pas, pas des bruit des lits, on dirait qu’elles s’apprêtent à partir en guerre à chaque fois qu’elle bouge, comme un grondement de tonnerre qui sonne la charge, et annonce la pluie. Rien du tout, pas de mouilles, pas de gémissements, des gloussements, et l’innocence de la fête entre amis.

Jour 16 – Odeur des champs célestes

Les filles se baladent toujours avec les stéréotypes qu’on leurs donne. Quand elle m’a dit “Do you always grab your dick like that?” Au début avec sa formulation, son accent et le ton de sa voix, j’ai plutôt senti qu’elle m’ordonnait de ne plus le faire, mais ce qu’elle fit après s’être mis les cheveux en chignon, m’a encore plus perturbé. Elle a descendu mon prépuce avec sa main droite en plaçant la gauche sous ma bourse. Je me mets à parler de prépuce et de bourse, c’est incroyable ce que l’autocensure peut faire. Couilles. Bites. Voilà, que je suis atteint du syndrome de la Tourette. Pute. Pas elle, ne t’inquiète pas, seulement si tu demandes. Je me suis redressé en lui demandant de s’asseoir sur le lit, à cet endroit précis je pouvais la regarder, plonger encore et encore sur mon sexe en érection. C’est la première fois ou je me suis dit, « Guillaume, tu es bien monté finalement ». Elle engloutissait délicatement avec ses petites lèvres, le petit bout rose, puis la peau marron. J’ai toujours été un voyeur, c’est peut-être pour cela que j’écris. L’observation poussée me servirait peut-être enfin. Il est clairement un état de soumission dans la fellation, bien qu’au jour d’aujourd’hui je n’ai malheureusement aucune idée de celui qui est soumis et celui qui domine. Mon plaisir s’est fini quand elle m’a recraché dans le lavabo, moi et toute ma non-descendance. Je me suis mis à repenser à la femme et à sa condition. Doit-elle se soumettre? Se soumet-elle? Ou joue-t-elle de sa soumission pour ses desseins et désirs machiavéliens. L’été s’annonça très tard cette année-là, par averses intempestives et gouttes de rayons de soleil.
On s’attardait dans le parc sans échanger un mot, profitant du silence et de la proximité de nos corps heureux au soleil, pour communier. Les gens accordent beaucoup trop d’importance aux discussions. Les meilleures sont celles qu’on oublie, à force d’avoir bu, et du fait qu’on meugle et marmonne des mots alcoolisés. Cette journée “pleasant”, selon elle (oui car d’où je viens le chaud et le froid commencent à partir du ressenti physique et n’est pas décliné en vulgaire gamme pantone), m’a replongé dans mes souvenirs d’enfance. La chaleur, les champs d’herbes, l’eau fraîche. Encore une fois, j’européanise mon vernaculaire. J’ai repensé aussi au week-end passé chez Alexandra, où nous avions fait l’amour comme jamais on ne l’avait pas et comme jamais nous ne le ferions dorénavant. Cette fille brune a l’intellect exquis, aux cuisses voluptueuses et aux seins petits. Elle ne savait vraiment pas quel pouvoir elle exerçait sur moi, avec sa bouche en cœur. Une fille aussi belle qui ne se délivre, ni s’abandonne dans le lit, m’avait remis en face de l’échec d’être un homme libidineux, et surtout passionné.

Jour 15 – Le Roi des cendres

Je ne me pardonne pas mon état et mon regard. Ces cendres que je vois dans le beau, dans le bon, dans l’heureux. Le magnifique d’un moment sacré entaché par les non-dits, les gestes hésitants des êtres autour. Je vois, mais j’invente beaucoup trop. J’aimerai changer en parole ce que j’écris. Que je puisse leur dire, que ma vision sombre n’est pas voulu. J’ai le choix, mais au fond je ne l’ai pas. La dépression est une tempête dans un ciel sans nuage, dans une brise douce qui fait rompre les grands arts, les autres, ces beaux arbres.

Le noir. La matière noire. Le gouffre. Le vide. Le rien.
Je ne suis rien.
Et encore, encore je cours
Je fuis
Oui je me nuis.
Je me suis accepté en Roi des cendres
Et je m’en excuse
Je ne me pardonne pas
Merci de me supporter
Merci de toujours m’inviter
Merci
Pour rien et pour tout, j’en ai besoin.

Jour 14 – Mannekent Pis

Il fait tellement chaud que dans un élan d’invincibilité débile, je n’ai pas pensé à augmenter ma consommation d’alcool et réduire celle de l’eau. Rhums, vins rouges et bières, digne d’un champion de lever de coude international, j’ai poursuivi l’entraînement. La douleur en fine lame, découpe mes entrailles et mon donneur de vie, je n’ai plus cette joie niaise de pisser sans ennui.