Jour 21 – Tombons, dans Septombre

Tu dis quoi le moi?
Je sais. Rien n’est plus beau que la jambe en l’air sur un canapé en buvant du vin rouge. Je sais, je te dis que je sais. Il y a aussi toutes ses filles et leurs démarches, pourquoi ne sont-elles pas la meilleure chose? Simplement car je n’aime pas les autres et partager ces moments de bonheur, seul dans le sombre c’est ce qui me reste de liberté saine je crois.

Tu entends la pluie dehors? Elle applaudit la ville et ses lumières. Ce bruit? Ce ne sont pas les orages mais les oiseaux de fer qui grondent dans le ciel. Mais je parle trop, laissons le silence s’étendre.

Jour 20 – Le refus, je.

J’ai mis une chaise au milieu de mon jardin, pour m’asseoir et contempler le temps qui passe. Les avions rythment ma journée et pisse sur moi les litres de kérosène brulés. La chaleur du soleil est douce, comme chez moi, la bas. La ou j’ai laissé le calme de ma vie. J’ai mis une chaise au milieu de mon jardin qui n’en est pas un. L’urbain que je suis devenu prend pour pavé son jardin et les roses brillent la nuit venue. Elles scintillent si fort qu’elles m’ôtent le sommeil. Malheureux compagnon depuis quelques lunes.
Je ne sais pas ce qui pire. Je ne sais pas ce qui est meilleur. L’écriture ne sert plus de tampon. J’ai bien peur que je ne me meurs avant le Divers. Mes envies sont courtes et l’attente est longue; quand est-ce que mes étoiles brilleront assez pour me réchauffer le cœur?

Jour 18 – Politrique

Le plus beau dans cette histoire c’est que chacun construit, avec sa peur et la féroce envie d’exister et d’avoir recourt à tous les droits pour, l’ennemi qu’il veut combattre. Cet ennemi hypersécuritaire, totalitaire, empêchant la croissance de l’esprit.

Je pense que les pires sont ceux là, les combattants de leurs libertés, les nouveaux esclaves des croisades moralistes, les suppôts de l’obscurantisme du bien, dans remise en question du comment.

Jour 16 – Odeur des champs célestes

Les filles se baladent toujours avec les stéréotypes qu’on leurs donne. Quand elle m’a dit “Do you always grab your dick like that?” Au début avec sa formulation, son accent et le ton de sa voix, j’ai plutôt senti qu’elle m’ordonnait de ne plus le faire, mais ce qu’elle fit après s’être mis les cheveux en chignon, m’a encore plus perturbé. Elle a descendu mon prépuce avec sa main droite en plaçant la gauche sous ma bourse. Je me mets à parler de prépuce et de bourse, c’est incroyable ce que l’autocensure peut faire. Couilles. Bites. Voilà, que je suis atteint du syndrome de la Tourette. Pute. Pas elle, ne t’inquiète pas, seulement si tu demandes. Je me suis redressé en lui demandant de s’asseoir sur le lit, à cet endroit précis je pouvais la regarder, plonger encore et encore sur mon sexe en érection. C’est la première fois ou je me suis dit, « Guillaume, tu es bien monté finalement ». Elle engloutissait délicatement avec ses petites lèvres, le petit bout rose, puis la peau marron. J’ai toujours été un voyeur, c’est peut-être pour cela que j’écris. L’observation poussée me servirait peut-être enfin. Il est clairement un état de soumission dans la fellation, bien qu’au jour d’aujourd’hui je n’ai malheureusement aucune idée de celui qui est soumis et celui qui domine. Mon plaisir s’est fini quand elle m’a recraché dans le lavabo, moi et toute ma non-descendance. Je me suis mis à repenser à la femme et à sa condition. Doit-elle se soumettre? Se soumet-elle? Ou joue-t-elle de sa soumission pour ses desseins et désirs machiavéliens. L’été s’annonça très tard cette année-là, par averses intempestives et gouttes de rayons de soleil.
On s’attardait dans le parc sans échanger un mot, profitant du silence et de la proximité de nos corps heureux au soleil, pour communier. Les gens accordent beaucoup trop d’importance aux discussions. Les meilleures sont celles qu’on oublie, à force d’avoir bu, et du fait qu’on meugle et marmonne des mots alcoolisés. Cette journée “pleasant”, selon elle (oui car d’où je viens le chaud et le froid commencent à partir du ressenti physique et n’est pas décliné en vulgaire gamme pantone), m’a replongé dans mes souvenirs d’enfance. La chaleur, les champs d’herbes, l’eau fraîche. Encore une fois, j’européanise mon vernaculaire. J’ai repensé aussi au week-end passé chez Alexandra, où nous avions fait l’amour comme jamais on ne l’avait pas et comme jamais nous ne le ferions dorénavant. Cette fille brune a l’intellect exquis, aux cuisses voluptueuses et aux seins petits. Elle ne savait vraiment pas quel pouvoir elle exerçait sur moi, avec sa bouche en cœur. Une fille aussi belle qui ne se délivre, ni s’abandonne dans le lit, m’avait remis en face de l’échec d’être un homme libidineux, et surtout passionné.

Jour 15 – Le Roi des cendres

Je ne me pardonne pas mon état et mon regard. Ces cendres que je vois dans le beau, dans le bon, dans l’heureux. Le magnifique d’un moment sacré entaché par les non-dits, les gestes hésitants des êtres autour. Je vois, mais j’invente beaucoup trop. J’aimerai changer en parole ce que j’écris. Que je puisse leur dire, que ma vision sombre n’est pas voulu. J’ai le choix, mais au fond je ne l’ai pas. La dépression est une tempête dans un ciel sans nuage, dans une brise douce qui fait rompre les grands arts, les autres, ces beaux arbres.

Le noir. La matière noire. Le gouffre. Le vide. Le rien.
Je ne suis rien.
Et encore, encore je cours
Je fuis
Oui je me nuis.
Je me suis accepté en Roi des cendres
Et je m’en excuse
Je ne me pardonne pas
Merci de me supporter
Merci de toujours m’inviter
Merci
Pour rien et pour tout, j’en ai besoin.

Jour 14 – Mannekent Pis

Il fait tellement chaud que dans un élan d’invincibilité débile, je n’ai pas pensé à augmenter ma consommation d’alcool et réduire celle de l’eau. Rhums, vins rouges et bières, digne d’un champion de lever de coude international, j’ai poursuivi l’entraînement. La douleur en fine lame, découpe mes entrailles et mon donneur de vie, je n’ai plus cette joie niaise de pisser sans ennui.

Jour 13 – Étairminable

Du coup, j’ai oublié ce que je voulais vous dire. Je me déplace en Belgique, et cela n’a aucun rapport avec une femme.

Ah oui, c’est ca: L’absurdité Belge, il parait que c’est redondant de dire cela. C’est pas moi qui dit, c’est les Absurdes, enfin les Belges. J’ai les narines ouvertes pour me permettre de voir ce phénomène si anodin apparaître de façon transparente.

Je suis beaucoup moins épuisé qu’à Pouris, ( Trouver un nom pour Bruxelles), mas ce n’est que pour un temps.

Il faisait bon hier, maintenant il pleut.

C’est absurde, selon le calendrier nous sommes en Était.

Jour 12 – Détour en Alexandrien

L’amour c’est toujours mieux conjugué au passé. D’ailleurs, si les amours sont féminins, le seul le vrai reste au masculin. Je vais laisser, les philosophes philosopher et je vais finir ma pseudo prose.

Le passé à cette force de rendre le mal, doux, l’effroyable, rigolade et les relations amères, base de tout ce qui nous constitue.

Je travaille un texte sur Alexandra, “L enfante seule”, un pièce de mon puzzle amoureux et/ou passionné. Je parle de son con, c’est peut-être au final ce qui m’a le plus surpris chez elle. Si peu de fille qui m’ont poussé dans leurs draps conservait ce triangle à l’état vintage. Comme pour se démarquer, d’une vague épilatoire qui transforme nos femmes en jeunes filles pré-pubères. Au nom de quoi, le même canon de la beauté qui font les cheveux crépus devenir lisses, le même ou l’unique canon qui rend l’innaturel, gracieux et la vérité crasseuse de la vie, tabou.

Oui, je sais, j’ai trop écrit pour aujourd’hui. Premier jour de l’Était.

Jour 11 – L’Était pointe le bout de son sein

J’étais un peu perdu, un acteur de l’addiction sans gout, pour les drogues offertes par la vie. Il y avait les femmes, l’alcool et ce vide, ce mal être que je ne saurais expliquer.

Les femmes:
Crois-moi, tant que tu ne les as pas gouté
Elle semblent toutes différentes
celle-là, avec celle-là
Je promets, devant vous et devant mes mots posés
d’être différent
Celle-ci, avec celle-ci
Je promets de ne jouir qu’entre ses cuisses
et puis,
Je m’excuse si j’ai voulu être libre.
Gamin à presque 30 ans
l’échec, de leurs vies.

L’alcool:
Oh ma p’tite compagne des nuits
seul comme accompagné
ma petite femme, bonne comme une mère
qu’on a le droit de consommer.
N’est-il pas exact qu’on cherche notre porteuse,
dans chacune
et ce n’est qu’une fois
les valseuses vides
qu’on se rend compte du
mensonge.
Et Quand,
Aucun sein
Aucun ventre
ne ressemblera
l’alcool aidera. A combler ce vide.

Jour 10 – Bonux

Je profite d’un peu de soleil pour faire ma lessive. Choses rares, avec les sèches linges intégrés et la fréquence du soleil en Europe. Je n’ai rien d’autre a faire, et je l’avoue cela ne me déplaît pas.

Des pigeons, oui eux, ont chié sur une de mes serviettes de bain. Je les hais, ils me le rendent bien. L’équilibre total, on se croirait dans un monde où tout va bien. Ma lessive est propre, je vais étendre mon linge et des cheveux de mon allemande sont éparpillés, sur mes caleçons, mes tee-shirts, mes chemises. Elle même l’a aussi avoué, elle a retrouvé un de mes cheveux crépus et frisés dans sa chatte. On envahit les endroits qui nous plaisent, c’est bien mieux comme cela.
Je repense a ce texto, qu’un personnage du film de Guillaume Canet reçoit: tu as laisse un peu de toi chez moi. Et je repense a quand mon allemande a passé, le vieux jersey d’arsenal que je ne mets plus depuis des années, C. y avait laissé son odeur corporelle. Le choc quand on a commencé les câlins, je n’ai su mentir. Oui, cela me rappelait Elle, et son goût, et sa peau et surtout son tout.

Je crois qu’on laisse des traces chez les êtres qu’on rencontre, les plus profondes sont celles qu’on a oublié et qui rejaillissent un jour comme, un éclair, au chocolat-poire.