Saisombre danse sèche

Comme un souffle incertain
Le feu battant le vent
Amène la chaleur dont on ne sait si c’est la dernière
Caresse d’humanité.

Les gens dansent autour du feu
Le regardent, l’observent
Comme si ils voudraient s’y jeter.

Dans la nuit sombre sans
Les lumières artificielles du confort de
Nos villes
Nous retrouvons-nous enfin?

Je n’ai que
Je n’ai quoi
Dire
Je m’en éloigne.

Je regarde le passé et les cordes
De l’univers se détendent
Ses cheveux bruns toujours les mêmes
Mais nous sommes
Dans la braise et ces rejetons
Volant
Nous sommes bien là.

Dans celui-ci
Tignasse plus courte
Nous n’étions
Et le présent m’objecte
Que jamais nous ne fûmes.

Et ce feu brûle
Devant nous
La ronde est incomplète
Nous nous vautrons dans la contemplation
Peut-être que tout n’est que répétition
Peut-être bien
Que tant qu’à faire
Nous devrions finir?

Et ce feu brûle toujours
Je sens la pluie dans l’air
Et l’herbe sort son parapluie
Qui gratte tant
Ma peau d’humain
Quand je m’y plonge.

J’ai vu l’orage
Mais j’ai oublié quelle onde me mène
Sur quelle fréquence je danse
Les ombres sont là
Leurs lueurs aussi.

Rien n’existe
Car tout est,
J’ai allumé une rouge
Et j’ai pensé aux miens.

Tu.Elle.Vous.

Dans le bus, tu la vois. Elle ne te regarde même pas. Elle a les yeux posés sur son écran, et ses écouteurs branchés. Tu essayes de pousser les voyageurs pour te rapprocher d’elle. Ils te dévisagent. Ces connards! Tu penses tout bas. Elle descend. Tu t’affoles. Elle est calme. Elle ne t’a pas vu. Tu la suis du regard. Et tu sues. Elle pousse le bouton. La porte s’ouvre. Elle passe la jambe gauche, puis la droite. Elle s’envole. Tu perds pied. Avec peine, tu balances un « hey » avec le peu de souffle restant dans tes poumons, noyés de doute, de honte et de pudeur devant tous ces étrangers. Elle se retourne. Le reste disparait. Elle te regarde. Et tu te tais. Création du Vous. Mélodie du silence. Vacarme du coeur.

Dans sa chambre, tu en lèches un. Puis l’autre. T’as la langue engourdie. Et tu continues. Comme un fou. Tu lapes. Tu essayes de rattraper le passé qu’elle a écrit sur sa peau. Avec les signes laissées par ses parents. Tu espères que ça vienne sa mère. Parce que tant qu’à remonter à son origine, il faudrait finir par son commencement. Sa main te rappelle à la réalité. Et son parchemin. Carte qu’on a tous où l’histoire se lit. En ride, en vergeture, en encre. En ancre dans son antre, en craquelage et fossettes. Elle redevient la seule ligne à suivre. Tu as oublié sa maman, tu te dis que ça durera jusqu’à la fin de l’érection, quelques secondes après ton éjaculation, donc. Tu poses tes phalanges sur ses vergetures et elle se cache le visage avec ses doigts. Elle pleure. Vous n’est plus un infini. C’est fini. Tu quittes son appart du 11ème. Elle ferme la porte au son de tes pas et de vos larmes. Putain, il fait beau. Mais toi t’es tout moche. Tu trouves tout laid. Tu cherches les lumières. Tu as trouvé ton sombre. T’es en couple.

Extrait 6: petits poèmes pour grands amants

Je baise chacun de tes signes
Et sur ta peau je promène une saveur chaude
J’ai un doigt sur tes lèvres
Et les mains qui vadrouillent.

Sur ton nombril
Maintenant mes yeux cherchent
La vallée douce pour m’abreuver de ton goût.

Ma main effleure tes seins
Et mes lèvres englobent ton con.

Tu me nourris de ton essence
Je te leche tendrement
Je pousse ma langue sur ton
Petit bouton.

Tu peines à trouver refuge
Et tes mains aggripent mon sexe
Gonflé
De haut en bas
Tes gestes m’invitent dans ton antre humide.

Je suis en toi
C’est ce que je désire le plus
Tu gémis
Une ou deux fois
Comme ce moment où tu étais dans mes draps

Tu t’en souviens?
Tu bougeais
Tu te cambrais
Et moi je rêvais de toi.

À quatre pattes devant moi
Regarder ton dos.

Et toujours tes signes
Comme les étoiles d’une nuit claire
Soudain,
La voie lactée
Qui laisse des traces sur ton cul
Que j’ai mordu,
Tendre,
À pleine dents.

Extrait 5: petits poèmes pour grands amants

Et peau, couleur soleil
Et mes lèvres doucement la baisent
Je mets mes doigts dans ta bouche
Pour que ta langue dicte mon poème.

Tes cuisses m’entourent
Et je perds mon souffle
Dans ta fleur
Tes seins dominent, mes songes
Et le temps avec toi est un mensonge.

Tes reins, remuants
Sur moi
De bas en haut, ma tige tu espères
te délivrera.

Je ne sais le lieu
Je ne sais le but
Ton antre ouverte
Je comblerai du jus.

Et lentement. Tendrement.

Tu seras mienne,
Tes yeux verront la clé
Du paradis
Dans les draps
Cambrée, donnée à moi
Tu t’abandonnes.

Lovin, L’ovin

Au milieu des ils et des elles
Une nécessité viscérale de se brûler les ailes
Carcasse géante au petit cœur et grandes phalanges
Sous les pics des mates
Je mets du temps
À atteindre la saisombre d’où
On ne revient plus.

Je divague,
A leur écume sèche dans les narines
J’ai préféré le liquide et ses claques rythmées
caressant mon oesophage
et tambourinant les conduits jusqu’a l’estomac
en évitant le foie.

Mais le filtre des croyances
Ne sera
Jamais épargné
et le temple
subit
en silence
le fatalisme
s’etablit.

Des relants de l’embrun nous
Nous dopons
Avant la chute fatale
dans l’océan humain:

      Case

     

        Ecole

       

          Pots de fleurs

         

          Appart

        On sonne! on sonne!
        On a déjà assez donné
        Pourtant
        La folie comme un cercle
        N’a ni début ni fin
        nous creons les reponses
        aux questions
        des autres
        sans raison.

        J’allume une clope.

        Des nénuphars se créent
        Et des grenouilles
        Espérant être prince
        Un jour
        N’attendent que la princesse pour devenir
        Et cesser d’être.

        Au milieu des ils et des elles
        Je me demande simplement
        Ou est ma place
        Une prose de l’humain
        Et des roses pour
        Le destin
        divin.

        clopobec

        Et la race
        Avance
        De pierres, nous construisons
        Des phallus
        Démolis avec le temps.
        Mais qu’importe
        les leçons
        “Saisis le moment”
        le cours du passé
        chute
        en dessous des genoux
        caleçon baissé.

        Et nos mômes
        Vaincront
        Enfin je crois.

        Qu’on s’entête
        Et dans le vide
        On se projette
        Qu’on envoie cette fierté
        Pour un monde mieux meilleur
        Voir Jupiter,
        Visiter Vénus, vu d’ici, risible vicissitude.

        En clair
        La terre
        Un croquis raté
        Par des artistes, par des explorateurs
        Trop obsédés
        par l’idée de l’idée
        ventilant le carpe diem, des maximes maximisantes de l’esprit
        broyant l’humain
        écarteur de bouches pour placarder le bonheur
        sur nos têtes d’illuminés.

        Vive le grandiose
        Vive la thune
        Vive la démesure
        Et dans cette démence déniée,
        nos mômes
        Vaincront
        Enfin je crois.

        divers

        On se caille
        Dans ce monde
        Nous sommes automates
        D’un hiver qui n’a de printemps.

        Ah tu sèmes des graines
        Et attends
        Comme un con
        La fleuraison?

        beaches be wet

        Les vagues se lancent
        Sans relâche
        Sur les rives froides
        Des falaises d’Albion
        Sur les cailles
        Du Moule
        L’hiver est loin.

        Leur noirceure créé
        l’écume, des lendemains
        Candides qui viennent y choir.

        L’embrun se pose sur sa peau blanche
        L’instant se nostalgise
        Pour qu’au futur
        Nous ayons recherche
        de ce bonheur
        Crystallisé.

        Vocabuglaire

        image

        29

        Fais carrière dans l’texte !
        D’l’exterieur tout est si simple
        J’ai brisé mines
        Fouillé les multiples visages
        Du crayon, tailladé le papier
        Comme quand on fourre sans lubrifiant
        La création ne s’trouve au
        Carrefour
        Quand le charbon se sniff à la table des maîtres
        En bon chercheur d’or
        Je creuse
        Torpille
        29
        Secondes
        Années
        Cicatrices de joie
        Sur la joue d’la graisse
        Qui agresse
        Les maigres sots.

        Mangeurs de carottes
        En double peine et
        Kom 1 txt bardé d’fotes
        Plus ça fait mal
        Plus ça dur longtemps
        Ma grand-mère voulait m’appeler Guillaume
        Mes vers
        Quemanderont le con.

        Je me fais vieux
        Et la madeleine me moisit
        Moi ici-bas.