clopobec

Et la race
Avance
De pierres, nous construisons
Des phallus
Démolis avec le temps.
Mais qu’importe
les leçons
“Saisis le moment”
le cours du passé
chute
en dessous des genoux
caleçon baissé.

Et nos mômes
Vaincront
Enfin je crois.

Qu’on s’entête
Et dans le vide
On se projette
Qu’on envoie cette fierté
Pour un monde mieux meilleur
Voir Jupiter,
Visiter Vénus, vu d’ici, risible vicissitude.

En clair
La terre
Un croquis raté
Par des artistes, par des explorateurs
Trop obsédés
par l’idée de l’idée
ventilant le carpe diem, des maximes maximisantes de l’esprit
broyant l’humain
écarteur de bouches pour placarder le bonheur
sur nos têtes d’illuminés.

Vive le grandiose
Vive la thune
Vive la démesure
Et dans cette démence déniée,
nos mômes
Vaincront
Enfin je crois.

waldeinsamkeit

Dans ses yeux
Je vois
Un temps
Ou mon cœur ne gaspille
Aucun battement.

Je lècherai sa peau jusqu’à ce
Que sa saveur s’y imprime
Sur ma langue
Je veux qu’elle tangue.

Mes doigts n’écrivent plus
Mais graves
Ils Tâtent les cordes
Qui
Activent son dernier souffle
Avant la petite mort.

Et dans l’iris
Je fond
Je deviens elle
Et me retrouve
Sans retenu.

J’aurais voulu être
L’horizon que son
Regard
Voit.

Et choir
Quelque part
Où son cerveau
S’anime.

Je veux être sien
Dans les mouvements
Qu’elle a pour l’autre.

Je veux
Pousser son bouton
Le lécher
Et ouvrir les portes
Paradis ou enfer je veux être
Sien.

all in

Sur le sein d’Aline
J’ai posé mon oreille
Pour entendre mon souffle balayer
Son duvet et le plaquer délicatement
Sur les courbes de son corps.

Elle a les lèvres
Moelleuses comme
Les nuages du paradis
Sur lesquelles j’ai posé un baiser
Et enfoui deux doigts
Sa langue au milieu et sa gorge
Profonde.

Ses yeux brûlant les cœurs
Me transpercent et je n’existe plus
Qu’en onde
Qui traverse,
de sa langue aux extrémités de ses levres
En remuant tout sur sa surface voluptueuse
Et les âmes tuées
Avant moi
Aide la chaleur,
Comme les flammes des enfers,
À démolir cette forteresse
Si épaisse.

le fleuve coulant entre ses lèvres
Fonctionne
Étrangement!
Le delta est la source
Du bain chaud et tiède
Et sur ses plumes d’oiseaux
Parsème son goût jusqu’aux orteils.

Aline se redresse.
Aline dompte.
Aline lionne.
Aline n’est pas le cirque
Mais son chapiteau.

oh bad

Dans la soie noir
Je rêve de soir
Au crachin
Chaud et humide
Mes mots
Perméables tanguent
Avec tes reins

Et tu perds
Le moi
Le ça
et sur moi
les textiles moites
Languissent
en gémissant.

re-spectacle

Y’a cet immeuble
Qui regorge de pauvreté
Et cette fenêtre d’où
S’échappe l’ombre d’une femme
Qui se change
Et je guette
La silhouette est un désir
Dont on laisserait la noirceur
Nous prendre dans des
Recoins
Est-ce toi
Que je matte
Sur les rideaux s’impriment tes courbes
Sèches
Voluptueuses
Et avec ta danse
J’ecris les derniers
Contes
Du con qui compte
En verres
Ses seules mesures.

aline

Je l’ai relevée en lui attrapant le cul comme on porte un pack de bouteille d’eau et la table basse a reçu son dos, moi glissant ses bas en dentelle jusqu’aux genoux.

Je l’ai prise les deux jambes levées, sa culotte menotaient ses mollets et ses mains s’accrochaient tant bien que mal au bureau quand je la pénétrai.

Un.

Deux.

Trois.

Quatre.

Et j’aggrippe ses gros seins et lèche sa nuque.

Trois. Quatre.

Cinq. Six.

Sept.

Huit.

Neuf.

Dix.

Onze. Douze.

Je respire, et ma sueur coule sur son pubis et fais luire des quelques poils avec la lumière de la lampe de bureau.

Treize.

Quatorze.

Quinze.

Seize.

Dix sept.

Dix huit. Dix neuf.

Et je vins. Sur sa cuisse mon sperme tagait sa peau caramel. Elle passa ses doigts pour capturer ce qui restait a l’extérieur de son corps, caressa sa poitrine et lécha la masse visqueuse en la passant sur ses jours et entre ses lèvres.

– la prochaine fois, tu te laisseras Naturel. Je n’aime pas niquer les peaux de bébé!

Je remis ma chemise et remonta mon pantalon. Je quittai la pièce et cette chambre d’hôtel, sans la regarder.

mélodie

There is a sad song
Playing
At the ballroom
Man
Woman
Men
Women
Woes and words.

There is a sad song
Playing
In my room
Can you hear it?

There is a sad melody
Within us
And our blood is cursed
For all the dads and the moms
raising children
with rules.

We are a sad song
and earth is laughing.

revoir les printemps

Puisqu’à la gare
Se multiplient les départs
Et qu’les sourires chassent les pleurs
J’ai pris un temps
Celui de l’entrain
plier les coins de la feuille
la transformer avec force et finesse
en fleur
Enfin
Dans le dernier wagon
A la dernière fenêtre
le bougon bourgeois
matte le spectacle
Et se délecte des lectures
des arbres, collines et des prés
récifs de cette vision du voyajouisseur
Quand les pétales choient sur la vitre
Ne reste que les miettes du futur de la première classe.

Jamais classe
Je m’éclate
Jamais classe.

Je change de place
J’avance
En marchant
Je prends enfin le temps
De regarder le paysage
Des êtres jonchés
à la périphérie du moi
Leur parler
Et écouter
Leurs histoires qu’ils me transmettent
le sentiment de ne pas être seul
dans cet immonde
Ils disent que mes yeux et mon cœur sont grands
Qu’il faut que je les protège
Des orages et des sièges vides
Ou ceux où d’autres
Se sont déjà assis
De les tâter
Avant d’y poser mon cul.

Jamais classe
Je m’éclate
Jamais classe.

Puis en courant entre les sièges
Je ne salue plus les passagers
A tout va
J’avance
Je tente de rallier mes rêves,
Et mes réalités laissées
Dans un triangle peu boisé
J’arrive enfin
Et à la porte
Je frappe
mais rien
et je frappe
mes mains
que je ne sens plus, changent de couleur
et mon regard
suit ces larmes
sur le sol sale
se trouve un badge
et je contemple
le coeur purgé
les yeux vidés
et dans le plus grand calme
Une toile écarlate se peint sur cette porte silencieuse.

Je m’éclate.

emma

La routine rend l’autre mobilier qu’on range
Au pire accumulation d’un capital
Qu’on dépense pour l’avoir
Sans le besoin.

L’autre
Comme un livre dans une bibliothèque
Nous classe.

Il faudrait que je sois
Nécessaire
Automatique
Comme une bouffée
D’air.

Nous ne sommes que produit
Qu’on ouvre
Qu’on dévore
Quand l’envie nous prend.

Févite Féverte! Frévert, Frésaire!

V’la l’vague à l’âme
V’la l’vagabond qui erre dans les rues de Paname
V’la l’vaurien qui choie
Sur les berges beiges d’la Seine.

Le sourire béat
Trique pour cette vision d’Emmanuelle
sur la rive
Chaise en rotin
Tourbillon d’écumes
Cheveux dans les coussins.

Des doigts d’été
Scarifiés de constat et consonance
Sacrifiés par les brûlures
De mégots et pintes
L’écoeur incendie
La trachée
Arrachée par des bribes de mots
Crachés au vent du doux
Pouris.

V´la vagabond
V´la l’con
Qui saute les rimes
Et joue avec les femmes
A tend ton menton.