Saisombre danse sèche

Comme un souffle incertain
Le feu battant le vent
Amène la chaleur dont on ne sait si c’est la dernière
Caresse d’humanité.

Les gens dansent autour du feu
Le regardent, l’observent
Comme si ils voudraient s’y jeter.

Dans la nuit sombre sans
Les lumières artificielles du confort de
Nos villes
Nous retrouvons-nous enfin?

Je n’ai que
Je n’ai quoi
Dire
Je m’en éloigne.

Je regarde le passé et les cordes
De l’univers se détendent
Ses cheveux bruns toujours les mêmes
Mais nous sommes
Dans la braise et ces rejetons
Volant
Nous sommes bien là.

Dans celui-ci
Tignasse plus courte
Nous n’étions
Et le présent m’objecte
Que jamais nous ne fûmes.

Et ce feu brûle
Devant nous
La ronde est incomplète
Nous nous vautrons dans la contemplation
Peut-être que tout n’est que répétition
Peut-être bien
Que tant qu’à faire
Nous devrions finir?

Et ce feu brûle toujours
Je sens la pluie dans l’air
Et l’herbe sort son parapluie
Qui gratte tant
Ma peau d’humain
Quand je m’y plonge.

J’ai vu l’orage
Mais j’ai oublié quelle onde me mène
Sur quelle fréquence je danse
Les ombres sont là
Leurs lueurs aussi.

Rien n’existe
Car tout est,
J’ai allumé une rouge
Et j’ai pensé aux miens.

Haine, Vie

oh they got
big ass windows
big ass flat tv
big ass cars
that big ass crash

now they have
skinny ass widows
skinny ass cocaine line
skinny ass children nostrils
that sniff stuff

rough picture, you say
unh?!

never should have they had a
big ass window
for such a big ass loser
to write a tiny ass
prose

Dans les marges (1)

Qu’on se lasse du temps
Il nous enchaîne
Dans ses branches nous sommes
Des racines humaines.

& l’agneau.

Les vagues se lancent
Sans relâche
Sur les rives froides;

Des falaises d’Albion
jusqu’aux cayes
Du Moule
L’hiver dont on s’inquiète
est si loin
rouge et sombre comme le plus mauvais rêve humain.

La houle et sa
noirceur créé
l’écume, des lendemains
Candides qui viennent y choir
baffant sans cesse nos a priori
et notre immobilisme.

Les vagues se lancent
et sans relâche
Sur les rives chaudes
nous rappellent;

Les embruns se posent sur sa peau
elle est le monde, parfois
L’instant se nostalgise
Pour qu’au futur
Nous ayons recherche
de ce bonheur
Cristallisé.

Mes phalanges sculptent
Les courbes
de mon ballon
avec lequel je me maintiens à la surface.

mon futur dystopique se dessine clair à la surface
avec une chose verte plantée
dans un sable qu’on dit roux.

Mon futur utopique ressemble à la mer sous la lune
sa blancheur resplendissante
et ses abysses sombres et infinis
comme les songes, on dira.

Où c’est le contraire…

Je divague, je m’élance
je suis lâche
je dérive mais
on ne tombe pas vraiment
on continue un mouvement lent
vers l’horizon des événements.

monts de marchants

Depuis qu’on a mis des femmes sur 3×4
et des hommes dans des caddies,
la fente de la machine reste le seul sourire
Devant les racistes et les sponsors, même la banane s’aplatît.

L’achat est devenu, pièce
maîtresse, médicament
des amitiés à moitiés moisies à crédit.
L’habit toujours, preuve de réalisation à trois sous,
comme en témoigne
ce théâtre sans scène, spectacle sans fin
qui se nourrit du débit des applaudissements
et des pouces en 01.

Tout ceci est fade
plus rien n’émerveille
et les babioles, raison de devenir, s’amoncellent
pourtant avec tous ces cliquetis, avec tout ceci nos esprits s’évadent
et nous croyons, comme des enfants, que dans le vide
résonne le son.

Hé-Hopé

Tes yeux
Ou ton âme
Je ne sais plus lequel
M’attire
Vers le styx ou les champs Elysées
Où les héros paradent fiers.

Il n’y a pas de fierté dans
Ce que je ressens pour toi
Peut-être ce qu’on devrait être
Mais est-ce suffisant?

Dans la mer bleue
Tu m’attaques
Posséidon
Ton trident
Me fend la peau
Et jusqu’au coeur
Je saigne pour toi.

Il n’y aura aucune guerre
Aucune Helene
Aucun argonaute
Le miel de ton sexe
Sur ma langue
A déposé
Les saveurs d’un univers
Inexploré.

Né Disciple

et ma maîtresse me répète
comment il faut que j’apprenne ma vie
en leçon
que la géométrie,
l’algèbre feront de moi
un bon garçon.

ma maîtresse me dicte,
veut,
faire en sorte que j’abdique
me faire mordre à son hameçon
en forme de coeur
boisé.

ma maîtresse m’apprend
comment boire un café
Sur une terrasse
moi l’homme des kaz
Fumer des clopes,
Pas de pétasses ni de Gainsbarge,
Celles de rouge
couleur
De ce qui nous anime
Tous.

Ma maîtresse me rappelle
Les bancs d’école
Et les contorsions
Pour apercevoir
Le paradis,
Le nez plein de colle blanche,
Sous les jupes des filles.

J’en ai retenu
Les triangles
Et les courbes
Les reliefs
Et le besoin perpétuel
d’explorer
De remettre tout en missionnaire
Les histoires
Les points de vue
L’importance de la transmission
Et du plaisir
D’autrui.

Lovin, L’ovin

Au milieu des ils et des elles
Une nécessité viscérale de se brûler les ailes
Carcasse géante au petit cœur et grandes phalanges
Sous les pics des mates
Je mets du temps
À atteindre la saisombre d’où
On ne revient plus.

Je divague,
A leur écume sèche dans les narines
J’ai préféré le liquide et ses claques rythmées
caressant mon oesophage
et tambourinant les conduits jusqu’a l’estomac
en évitant le foie.

Mais le filtre des croyances
Ne sera
Jamais épargné
et le temple
subit
en silence
le fatalisme
s’etablit.

Des relants de l’embrun nous
Nous dopons
Avant la chute fatale
dans l’océan humain:

      Case

     

        Ecole

       

          Pots de fleurs

         

          Appart

        On sonne! on sonne!
        On a déjà assez donné
        Pourtant
        La folie comme un cercle
        N’a ni début ni fin
        nous creons les reponses
        aux questions
        des autres
        sans raison.

        J’allume une clope.

        Des nénuphars se créent
        Et des grenouilles
        Espérant être prince
        Un jour
        N’attendent que la princesse pour devenir
        Et cesser d’être.

        Au milieu des ils et des elles
        Je me demande simplement
        Ou est ma place
        Une prose de l’humain
        Et des roses pour
        Le destin
        divin.

        Sur le divin blanc

        Donne-moi tes yeux
        que je les brule
        des amours dont tu t’éprends

        J’ouvrirai
        Ton coeur
        et des deux valves
        deux iris
        neufs
        pour que jamais
        tu
        ne penses
        la normalité
        d’une perfection
        factice.

        Et de tes lèvres
        Délicates

        je ferai
        des feuilles
        sur lesquelles
        je déposerai
        les plus beaux mots
        Odieux comme un goujat
        Remontant l’olympe
        Avec Era, petite-mourue.

        Donne-moi tes rêves
        Dans la machine des machos
        Qui nous enfante
        Et qu’on creuse
        Le vrai.

        Sur tes joues
        Deux proses posées
        Crayon sans tailleur

        Sans mine dis-moi
        Ou trouvera-t-on
        Les diamants qui briseront
        La glace
        De cette vie rêvée vécue ?

        Sens la paume de ma main
        Et tous mes doigts
        Te dérober.

        Slakiçi

        Slakiçi
        Tout commence
        J’ai vu la montagne
        Dévorer les douces
        Vallées de Carole
        Entre les deux
        Ruisselants
        Son pouls poussant sur le flanc
        De ses lèvres la chaleur folle
        Imprégnant ses cuisses
        Du parfum paradisiaque des
        puissants
        T’as vu?
        Dis-moi si
        Tu l’as vu aussi ?

        Slakiçi
        C’est l’sale de paname
        Qui jonche
        Ses bordures
        En serpentin mon
        Sexe
        S’engouffre
        Fait des siennes
        Dans l’artère
        Dans les boules l’verbe
        Ma verve rend liquide
        D’La panse à la pensée
        La prophétie
        Je lève mon vers
        A ces filles coquettes
        Qu’on collecte.