Dans les marges (1)

Qu’on se lasse du temps
Il nous enchaîne
Dans ses branches nous sommes
Des racines humaines.

Extrait 5: petits poèmes pour grands amants

Et peau, couleur soleil
Et mes lèvres doucement la baisent
Je mets mes doigts dans ta bouche
Pour que ta langue dicte mon poème.

Tes cuisses m’entourent
Et je perds mon souffle
Dans ta fleur
Tes seins dominent, mes songes
Et le temps avec toi est un mensonge.

Tes reins, remuants
Sur moi
De bas en haut, ma tige tu espères
te délivrera.

Je ne sais le lieu
Je ne sais le but
Ton antre ouverte
Je comblerai du jus.

Et lentement. Tendrement.

Tu seras mienne,
Tes yeux verront la clé
Du paradis
Dans les draps
Cambrée, donnée à moi
Tu t’abandonnes.

monts de marchants

Depuis qu’on a mis des femmes sur 3×4
et des hommes dans des caddies,
la fente de la machine reste le seul sourire
Devant les racistes et les sponsors, même la banane s’aplatît.

L’achat est devenu, pièce
maîtresse, médicament
des amitiés à moitiés moisies à crédit.
L’habit toujours, preuve de réalisation à trois sous,
comme en témoigne
ce théâtre sans scène, spectacle sans fin
qui se nourrit du débit des applaudissements
et des pouces en 01.

Tout ceci est fade
plus rien n’émerveille
et les babioles, raison de devenir, s’amoncellent
pourtant avec tous ces cliquetis, avec tout ceci nos esprits s’évadent
et nous croyons, comme des enfants, que dans le vide
résonne le son.

Sur le divin blanc

Donne-moi tes yeux
que je les brule
des amours dont tu t’éprends

J’ouvrirai
Ton coeur
et des deux valves
deux iris
neufs
pour que jamais
tu
ne penses
la normalité
d’une perfection
factice.

Et de tes lèvres
Délicates

je ferai
des feuilles
sur lesquelles
je déposerai
les plus beaux mots
Odieux comme un goujat
Remontant l’olympe
Avec Era, petite-mourue.

Donne-moi tes rêves
Dans la machine des machos
Qui nous enfante
Et qu’on creuse
Le vrai.

Sur tes joues
Deux proses posées
Crayon sans tailleur

Sans mine dis-moi
Ou trouvera-t-on
Les diamants qui briseront
La glace
De cette vie rêvée vécue ?

Sens la paume de ma main
Et tous mes doigts
Te dérober.

dés nus des nues dénué

Des nuées de brumes
La déchéance des uns,
pour les unes:
On verserait nos litres de sang
Et pire
L’eau qui nous compose si bien.

Je m’assècherai comme le Sahel
Pour voir dans tes yeux
Les blablas, vomis et délicieux
Des uns qui chassent avec la foi
Comme pour avoir l’aval de Dieu.

Mes dés sont pipés
Et ont dépecé l’espoir d’un coup d’épée
Ma main branle l’air en quête du geste parfait,
De cette saveur chaude quand on contrôle
Le moi, et les efforts pour combler le toi.

ces poèmes, en hommage à la brune
Dénudées de sens.

waldeinsamkeit

Dans ses yeux
Je vois
Un temps
Ou mon cœur ne gaspille
Aucun battement.

Je lècherai sa peau jusqu’à ce
Que sa saveur s’y imprime
Sur ma langue
Je veux qu’elle tangue.

Mes doigts n’écrivent plus
Mais graves
Ils Tâtent les cordes
Qui
Activent son dernier souffle
Avant la petite mort.

Et dans l’iris
Je fond
Je deviens elle
Et me retrouve
Sans retenu.

J’aurais voulu être
L’horizon que son
Regard
Voit.

Et choir
Quelque part
Où son cerveau
S’anime.

Je veux être sien
Dans les mouvements
Qu’elle a pour l’autre.

Je veux
Pousser son bouton
Le lécher
Et ouvrir les portes
Paradis ou enfer je veux être
Sien.

all in

Sur le sein d’Aline
J’ai posé mon oreille
Pour entendre mon souffle balayer
Son duvet et le plaquer délicatement
Sur les courbes de son corps.

Elle a les lèvres
Moelleuses comme
Les nuages du paradis
Sur lesquelles j’ai posé un baiser
Et enfoui deux doigts
Sa langue au milieu et sa gorge
Profonde.

Ses yeux brûlant les cœurs
Me transpercent et je n’existe plus
Qu’en onde
Qui traverse,
de sa langue aux extrémités de ses levres
En remuant tout sur sa surface voluptueuse
Et les âmes tuées
Avant moi
Aide la chaleur,
Comme les flammes des enfers,
À démolir cette forteresse
Si épaisse.

le fleuve coulant entre ses lèvres
Fonctionne
Étrangement!
Le delta est la source
Du bain chaud et tiède
Et sur ses plumes d’oiseaux
Parsème son goût jusqu’aux orteils.

Aline se redresse.
Aline dompte.
Aline lionne.
Aline n’est pas le cirque
Mais son chapiteau.

re-spectacle

Y’a cet immeuble
Qui regorge de pauvreté
Et cette fenêtre d’où
S’échappe l’ombre d’une femme
Qui se change
Et je guette
La silhouette est un désir
Dont on laisserait la noirceur
Nous prendre dans des
Recoins
Est-ce toi
Que je matte
Sur les rideaux s’impriment tes courbes
Sèches
Voluptueuses
Et avec ta danse
J’ecris les derniers
Contes
Du con qui compte
En verres
Ses seules mesures.

aline

Je l’ai relevée en lui attrapant le cul comme on porte un pack de bouteille d’eau et la table basse a reçu son dos, moi glissant ses bas en dentelle jusqu’aux genoux.

Je l’ai prise les deux jambes levées, sa culotte menotaient ses mollets et ses mains s’accrochaient tant bien que mal au bureau quand je la pénétrai.

Un.

Deux.

Trois.

Quatre.

Et j’aggrippe ses gros seins et lèche sa nuque.

Trois. Quatre.

Cinq. Six.

Sept.

Huit.

Neuf.

Dix.

Onze. Douze.

Je respire, et ma sueur coule sur son pubis et fais luire des quelques poils avec la lumière de la lampe de bureau.

Treize.

Quatorze.

Quinze.

Seize.

Dix sept.

Dix huit. Dix neuf.

Et je vins. Sur sa cuisse mon sperme tagait sa peau caramel. Elle passa ses doigts pour capturer ce qui restait a l’extérieur de son corps, caressa sa poitrine et lécha la masse visqueuse en la passant sur ses jours et entre ses lèvres.

– la prochaine fois, tu te laisseras Naturel. Je n’aime pas niquer les peaux de bébé!

Je remis ma chemise et remonta mon pantalon. Je quittai la pièce et cette chambre d’hôtel, sans la regarder.

mélodie

There is a sad song
Playing
At the ballroom
Man
Woman
Men
Women
Woes and words.

There is a sad song
Playing
In my room
Can you hear it?

There is a sad melody
Within us
And our blood is cursed
For all the dads and the moms
raising children
with rules.

We are a sad song
and earth is laughing.