Extrait 5: petits poèmes pour grands amants

Et peau, couleur soleil
Et mes lèvres doucement la baisent
Je mets mes doigts dans ta bouche
Pour que ta langue dicte mon poème.

Tes cuisses m’entourent
Et je perds mon souffle
Dans ta fleur
Tes seins dominent, mes songes
Et le temps avec toi est un mensonge.

Tes reins, remuants
Sur moi
De bas en haut, ma tige tu espères
te délivrera.

Je ne sais le lieu
Je ne sais le but
Ton antre ouverte
Je comblerai du jus.

Et lentement. Tendrement.

Tu seras mienne,
Tes yeux verront la clé
Du paradis
Dans les draps
Cambrée, donnée à moi
Tu t’abandonnes.

Sur le divin blanc

Donne-moi tes yeux
que je les brule
des amours dont tu t’éprends

J’ouvrirai
Ton coeur
et des deux valves
deux iris
neufs
pour que jamais
tu
ne penses
la normalité
d’une perfection
factice.

Et de tes lèvres
Délicates

je ferai
des feuilles
sur lesquelles
je déposerai
les plus beaux mots
Odieux comme un goujat
Remontant l’olympe
Avec Era, petite-mourue.

Donne-moi tes rêves
Dans la machine des machos
Qui nous enfante
Et qu’on creuse
Le vrai.

Sur tes joues
Deux proses posées
Crayon sans tailleur

Sans mine dis-moi
Ou trouvera-t-on
Les diamants qui briseront
La glace
De cette vie rêvée vécue ?

Sens la paume de ma main
Et tous mes doigts
Te dérober.

re-spectacle

Y’a cet immeuble
Qui regorge de pauvreté
Et cette fenêtre d’où
S’échappe l’ombre d’une femme
Qui se change
Et je guette
La silhouette est un désir
Dont on laisserait la noirceur
Nous prendre dans des
Recoins
Est-ce toi
Que je matte
Sur les rideaux s’impriment tes courbes
Sèches
Voluptueuses
Et avec ta danse
J’ecris les derniers
Contes
Du con qui compte
En verres
Ses seules mesures.

aline

Je l’ai relevée en lui attrapant le cul comme on porte un pack de bouteille d’eau et la table basse a reçu son dos, moi glissant ses bas en dentelle jusqu’aux genoux.

Je l’ai prise les deux jambes levées, sa culotte menotaient ses mollets et ses mains s’accrochaient tant bien que mal au bureau quand je la pénétrai.

Un.

Deux.

Trois.

Quatre.

Et j’aggrippe ses gros seins et lèche sa nuque.

Trois. Quatre.

Cinq. Six.

Sept.

Huit.

Neuf.

Dix.

Onze. Douze.

Je respire, et ma sueur coule sur son pubis et fais luire des quelques poils avec la lumière de la lampe de bureau.

Treize.

Quatorze.

Quinze.

Seize.

Dix sept.

Dix huit. Dix neuf.

Et je vins. Sur sa cuisse mon sperme tagait sa peau caramel. Elle passa ses doigts pour capturer ce qui restait a l’extérieur de son corps, caressa sa poitrine et lécha la masse visqueuse en la passant sur ses jours et entre ses lèvres.

– la prochaine fois, tu te laisseras Naturel. Je n’aime pas niquer les peaux de bébé!

Je remis ma chemise et remonta mon pantalon. Je quittai la pièce et cette chambre d’hôtel, sans la regarder.

mélodie

There is a sad song
Playing
At the ballroom
Man
Woman
Men
Women
Woes and words.

There is a sad song
Playing
In my room
Can you hear it?

There is a sad melody
Within us
And our blood is cursed
For all the dads and the moms
raising children
with rules.

We are a sad song
and earth is laughing.

revoir les printemps

Puisqu’à la gare
Se multiplient les départs
Et qu’les sourires chassent les pleurs
J’ai pris un temps
Celui de l’entrain
plier les coins de la feuille
la transformer avec force et finesse
en fleur
Enfin
Dans le dernier wagon
A la dernière fenêtre
le bougon bourgeois
matte le spectacle
Et se délecte des lectures
des arbres, collines et des prés
récifs de cette vision du voyajouisseur
Quand les pétales choient sur la vitre
Ne reste que les miettes du futur de la première classe.

Jamais classe
Je m’éclate
Jamais classe.

Je change de place
J’avance
En marchant
Je prends enfin le temps
De regarder le paysage
Des êtres jonchés
à la périphérie du moi
Leur parler
Et écouter
Leurs histoires qu’ils me transmettent
le sentiment de ne pas être seul
dans cet immonde
Ils disent que mes yeux et mon cœur sont grands
Qu’il faut que je les protège
Des orages et des sièges vides
Ou ceux où d’autres
Se sont déjà assis
De les tâter
Avant d’y poser mon cul.

Jamais classe
Je m’éclate
Jamais classe.

Puis en courant entre les sièges
Je ne salue plus les passagers
A tout va
J’avance
Je tente de rallier mes rêves,
Et mes réalités laissées
Dans un triangle peu boisé
J’arrive enfin
Et à la porte
Je frappe
mais rien
et je frappe
mes mains
que je ne sens plus, changent de couleur
et mon regard
suit ces larmes
sur le sol sale
se trouve un badge
et je contemple
le coeur purgé
les yeux vidés
et dans le plus grand calme
Une toile écarlate se peint sur cette porte silencieuse.

Je m’éclate.

emma

La routine rend l’autre mobilier qu’on range
Au pire accumulation d’un capital
Qu’on dépense pour l’avoir
Sans le besoin.

L’autre
Comme un livre dans une bibliothèque
Nous classe.

Il faudrait que je sois
Nécessaire
Automatique
Comme une bouffée
D’air.

Nous ne sommes que produit
Qu’on ouvre
Qu’on dévore
Quand l’envie nous prend.

Févite Féverte! Frévert, Frésaire!

V’la l’vague à l’âme
V’la l’vagabond qui erre dans les rues de Paname
V’la l’vaurien qui choie
Sur les berges beiges d’la Seine.

Le sourire béat
Trique pour cette vision d’Emmanuelle
sur la rive
Chaise en rotin
Tourbillon d’écumes
Cheveux dans les coussins.

Des doigts d’été
Scarifiés de constat et consonance
Sacrifiés par les brûlures
De mégots et pintes
L’écoeur incendie
La trachée
Arrachée par des bribes de mots
Crachés au vent du doux
Pouris.

V´la vagabond
V´la l’con
Qui saute les rimes
Et joue avec les femmes
A tend ton menton.

Les cons courent

Comme le postier
à qui l’on demande
de livrer
sa propre lettre de démission,
Les mots dans la boite
et je deviens
soumission.

Pour des pouces vers le haut
j’ai troqué
Cocottes contre papier
Et dans mon canari
Mes dernières loques
M’applaudissent
La soupe populaire
A le goût du goudron
Et de l’oubli.

n’est vainqueur
dans cette danse
Qu’une rythmique
Pré-établie
Je laisse
Mes dés à Dieu
Et mes poignets
À mes bracelets dorés.

Vieux Frères, vielle rance.

Négroïdes trois
Par quatre
Et dans la cité tout est décrié
Aux loups! Aux loups!
Aux caucasiennes
À quatre pattes
Aux cous
Aux coups de reins
La peur se chante sur l’air
d’la Marseillaise.
Qu’c’est crade…
Qu’c’est exécrable.

Négroïdes trois
Par quatre
Et dans la cécité
Ça passait mieux.
Quémandeurs
Couleur pitié
Histoire 1848
Inventée
et longs sexes
et courbes folles
répertoriés.

Il n’y a plus que les passants!
Les immortels y croivent
aussi.

D’leurs habits ornés
teint-Fiantes d’après une soirée de vinasses
de Margaux.
Leurs bites en or
Et durs comme faire
D’un écrivain nègre une figure historique n’est croyable
qu’une fois sa carcasse flétrie
déchue
dans quatre planches
langues de bois.

Nécrophiles négrophiles
À table!
PourPouris?
Les barbares se sont invités
Au zoo.

 

crédit photo: Floptwo