Extrait 5: petits poèmes pour grands amants

Et peau, couleur soleil
Et mes lèvres doucement la baisent
Je mets mes doigts dans ta bouche
Pour que ta langue dicte mon poème.

Tes cuisses m’entourent
Et je perds mon souffle
Dans ta fleur
Tes seins dominent, mes songes
Et le temps avec toi est un mensonge.

Tes reins, remuants
Sur moi
De bas en haut, ma tige tu espères
te délivrera.

Je ne sais le lieu
Je ne sais le but
Ton antre ouverte
Je comblerai du jus.

Et lentement. Tendrement.

Tu seras mienne,
Tes yeux verront la clé
Du paradis
Dans les draps
Cambrée, donnée à moi
Tu t’abandonnes.

Aime St.

Regarde la pluie qui sous tes pieds
crée des rivières de sang
Pendus au fil de ta morve les masques
Tombent.

Dieu pour tes hanches t’offrit
La paume première dans la poire
Et maintenant
Tu frétilles
Sur le sol seuls sont sortis salive et spleen.

Oh mais regarde
Ce cadeau qu’on te fait
Le crachin recouvre ton visage
Et le maquillage peint le pavement
De rêves enfantins

Ton prince
Sa monture
Ses mots
Ses muscles
Et toi l’esclave.

Les pigeons, les rats sont sortis
Et les passants t’applaudissent
“Quel amour!
Quel beauté sublimée
Par le verbiage bizarre desamoureux.”

J’ai ramassé à tes pieds
Le masque le plus laid
Celui qui
Rappèlera le vrai.

La masse gluante traverse mon œsophage
Sans encombre et me rend
Le sourire niais
Que dorénavant
tu n’arboreras plus.

La pluie a cessé et tout va meilleur
J’ai absorbé les kleshas
Et de ta bile
Ornée mon mala

La vie ainsi la voilà.

Après le noir

Je ne te dirai qu’une chose
La solitude
Qui se tempère avec l’alcool
Et les rencontres fortuites
Les filles qui couinent
Et les lits qui grincent
fait jaillir l’hêtre dans cette forêt d’arbuste

Moi j’ai vu les draps mouillés
Par la chaleur humaine
Les semences dispersées dans l’air
Et la vie
Qui défilait dans la quinzaine de minutes
Où nous n’étions qu’un

Pouris me meurt
Dans la foi
Le foie épongeant mes heures
D’homme seul
Le verre posé sur ton sol en bois
Et les salopes qui rappellent quand
L’air de l’origine est sec.

Oh j’ai vu
Maintes et maintes foi le paradis
En me réveillant dans mes enfers de tes parents et du
Nègre
Chez eux
La queue pendante
Et les images
De ton ex
Cicatrices sur ta peau.

Flou des Octombres.

Incroyable mensonge dans lequel je me sombre,
Le flou des XXVII lentement s’évapore
Les mots aussi d’ailleurs.

peut-être se réinventer?
après tout,
si la motivation me le permet encore.

Entre dans la ronde

Cris
à la naissance, tu pleures déjà
On dirait un Caliméro enduit de placenta
De sang, et de merde
Les sourires de tes parents
En option.

Prends une photo morpion!

Y’aura que ça dans la vie:
Cris
Pleurs
Sang
Merdes
Sourires
À ton bon vouloir
Tu remplaceras le placenta par:
Le sperme et la cyprine.

Hourra, Hourra

Entre dans la ronde
Les bras, en l’air
Tu en sortiras les deux pieds en avant.

Texte de A.M. – nouvelle

Chapitre 1

Tour Mermoz, appartement numéro 124, Aubervilliers, Ile de France

Ses hibiscus faisaient toute sa fierté. Aucun autre habitant de la tour n’arrivait à entretenir aussi bien ses parterres, mais elle, elle réussissait à faire survivre des fleurs tropicales, dans ce pays mordu tous les six mois par un froid vicieux. D’aucun disait que c’étaient les chansons du pays qu’elle fredonnait aux corolles qui étaient la clé de la survie de ces belles délicates. Elle faisait aussi pousser ses oignons, son thym, et avait entrepris depuis peu la culture de petits piments, tortionnaires sadiques des amateurs d’accras non avertis.
L’appartement tout entier était une parenthèse tropicale, au milieu du ciment et des effluves d’urine de la tour Mermoz, en plein cœur d’Aubervilliers. Au douzième étage, le numéro 124 se voulait une évasion, un retour à la terre multicolore de Guadeloupe. Un congé bonifié sans les huit heures de vol. Dès les premières fraicheurs de l’automne, les chauffages d’appoint rectifiaient la température, les murs sable, terre de sienne, orangés illuminaient la grisaille, et l’odeur constante d’épices sucrées promettaient l’évasion vers l’ile natale de Line Christophe.
Elle avait emménagé à la tour au début des années quatre-vingt, avec, emmitouflée dans plusieurs couvertures quelques peu élimées, son bébé de deux semaines. Une petite fille, qui était née, comme sa mère, très chevelue et très silencieuse. Les premiers mois, Line Christophe avec sa petite Sarah encore serrée dans son ventre, avait vécu au huitième étage de cette même tour, dans l’appartement de Sylvia Ramagassamy, une Guadeloupéenne de la génération de Line. Puis, grâce à la persévérance de Sylvia, « Indienne Matador », Line avait eu droit à son propre chez-elle au douzième.
Les deux amies s’étaient rencontrées quelques mois plus tôt, mais allaient rester des âmes soeurs toutes leurs vies.
A son arrivée en France, Line avait charroyé son ventre plus vraiment plat, de sa petite chambre d’hôtel du 20e arrondissement de Paris aux bureaux de placement pour femmes de ménage. Elle savait que le petit pécule que sa grand-mère lui avait glissé dans la main, quelques jours avant son départ de Guadeloupe, n’allait pas survivre longtemps à son train de vie : les petites missions de ménage ne suffisaient plus et le prix de l’hôtel lui semblait chaque jour plus exorbitant.
Une femme de ménage togolaise avec qui elle avait travaillé dans des bureaux du coté de Montparnasse lui avait apporté une partie de la solution : s’exiler en banlieue. Parcourir les mairies, pleurer chez des assistantes sociales, remplir des dossiers, décrocher un petit HLM et des aides de l’État. Après tout, elle était française, elle! Tout lui était permis!
C’est ainsi, au service de gestion des HLM d’Aubervilliers que la grossesse bien avancée de Line rencontra le gros ventre mou de Sylvia. Cette indienne corpulente avait été, dix ans plus tôt, reine de beauté dans sa commune natale de Saint-François en Guadeloupe. Elle s’était vite mariée avec le fils aîné de la famille Ramagassamy, dont le père possédait le seul car qui, à l’époque, faisait la liaison Pointe-à-Pitre-Pointe-des-Châteaux. Trois mois après le mariage, ils étaient prêts pour le départ en France : Ramagassamy-fils voulait être fonctionnaire. Il allait passer les concours et vivre en Métropole avec sa jolie épouse à la longue tresse brillante.
Mais arrivé en France, il avait subit l’ivresse. L’ivresse des blondes et des brunes, des rousses et des riches, qui aimaient son allure de Maharadjah et son accent chantant lorsqu’il parlait si bien le français. Elles se réjouissaient qu’il ne soit pas tout à fait noir, mais aimait son déhanché, qui sentait bon la Caraïbe. Bien vite, il ne se soucia plus du concours ni de Sylvia. Alors Sylvia se soucia du concours. Elle s’y présenta, avec dans son sac, blancs de sucre et dorés d’huile, trente-deux beignets géants, enfermés dans un boite en fer forgé.
A la fin des épreuves, elle s’assit à l’arrêt du bus, et les mangea consciencieusement, avec le front plissé d’une petite fille qui forme les arabesques de ses lignes d’écritures. Elle mangeait et méditait. Elle mangeait et décidait.
En rentrant ce soir-là dans la petite chambre de bonne qu’elle louait avec son époux, elle se mit à repasser. Elle repassa toutes les belles chemises de son mari, les amidonna avec soin, comme il les aimait, pour que les cols soit bien raides et qu’ils reçoivent mieux les marques de rouges à lèvres qui n’étaient pas le sien. Elle les repassa toutes et en fit une pile. Puis ce fut les pantalons. Les tricots de peau. Les caleçons. Le clocher de l’église Saint Paul affichait plus de 22h, mais il n’était toujours pas là. Surement dans quelque bar avec quelque belle. Elle sortit et empila les vêtements dans la cage d’escalier, sur leur paillasson, le front toujours plissé. Puis son visage se détendit. Elle sortit de son tablier un grand torchon dans lequel reposaient deux beignets encore chauds de la dernière cuisson. Elle prit le plus dodu, le plus tendre et le posa sur sa langue. Alors que le sucre fondu coulait dans sa gorge, elle releva sa longue jupe, son jupon en flanelle, et, debout, urina sur les piles de linge encore chauds. Elle dut légèrement se pencher pour s’assurer que les caleçons prenaient bien leur dose de « pissa ». Du « pissa » d’Indienne « Matador », du « pissa » jaune et aigre, du « pissa » de femme en colère. Puis, le visage toujours serein, elle referma la porte, à double tour, avant d’avaler le deuxième beignet.

La poésie du corps,Telle une scène d’amour entre deux amants.La danse, immixtion du corps dans la vie amoureuse et infidèle de l’air et de la terre.

agneaupimentE

290111

je ne peux lutter contre le vent que je seme. Des paroles crues, pour te dire je t’aime.

051210

Le plus grand combat pour une femme c’est d’acquérir sa féminité, non pas par antagonisme du masculin, mais par sa définition unique et indépendante.

130111

Nous ne sommes que faux, Veritable acteur talentueux,de nos pleurs se nourit l’ame heureuse et de nos, sourrires les douleurs d’autrui.