Mon Rocher

Y’a cette gamine
Qui démange
Avec son sourire
Et sa curiosité
rend febrile
Ma routine
D’homme lassé.

Elle me raconte Kinshasa
Sans rien donner
De plus.

Me dit qu’elle aime
ma prose
qu’elle la transperce
la rend toute chose.

Et son sourire
Est moins doux que ses lèvres
Et son regard
Est moins perforant
Que ses yeux
Qui pétillent.

Et moi
Le moi de société
De regles
Ne peut rien faire d’autre
Que de l’imager
Sur mon lit,
Découverte.

dés nus des nues dénué

Des nuées de brumes
La déchéance des uns,
pour les unes:
On verserait nos litres de sang
Et pire
L’eau qui nous compose si bien.

Je m’assècherai comme le Sahel
Pour voir dans tes yeux
Les blablas, vomis et délicieux
Des uns qui chassent avec la foi
Comme pour avoir l’aval de Dieu.

Mes dés sont pipés
Et ont dépecé l’espoir d’un coup d’épée
Ma main branle l’air en quête du geste parfait,
De cette saveur chaude quand on contrôle
Le moi, et les efforts pour combler le toi.

ces poèmes, en hommage à la brune
Dénudées de sens.

tic tac tic tac tic

Dis-moi si au pied de l’Arc
Se trouve
Un chaudron
Avec l’or jeté
Des bateaux
Partant de Gorée?

Dis-moi si les grenouilles
Qui sautaient
Sur les ailes
Du papillon
Et sur la soie de son cocon
Ont pu se libérer
Et faire
Enfin
tomber la pluie?

Ouvrir nos
Entrailles
Et maintenant “Boyo ka pann”
Une histoire comptée
Sur les doigts
D’un poing
Tendu vers le ciel.

Outre la mer,
Les colonies
Dans une barque
Sans commandant
Ni chef
L’ambiance n’est pas gaie.

En lambeau
Brûlant à l’horizon
Il y a ce drapeau
Qu’on nous demande
De sacraliser
Par coup d’euros
Dans les dents
Paraît que quand on sourit
On devient heureux.

Je te monterai l’assèchement
Des rives
Du negre aigre
Qui vit une vie
Exotiquement douce,
La mélodie du fond jouant
Cocotiers, plages et ferme ta gueule.

divers

On se caille
Dans ce monde
Nous sommes automates
D’un hiver qui n’a de printemps.

Ah tu sèmes des graines
Et attends
Comme un con
La fleuraison?

what you. say main.

Quand les lumières fuyaient
A travers la salle
Et ton visage sortant de la pénombre
De temps

Et dans ton cou
J’ai trouvé refuge
Profitant de tes oreilles
Te sussurant des mots doux
Des mots sensuels
Des mots de désir
Et j’envoie ma voix
Et ses vibrations
Te découvrir
Étancher ma soif

Sur tes lèvres charnues
Puis sur tes seins
Elles
entourent
tes auréoles et lèchent
tes tétons
Descendent en tourbillon
Vers ton nombril
Et la mon dessein
S’agite et prend fin

Ta main m’agrippe

Les lumières ne fuient plus
Les yeux posés sur nous
L’ombre nous a trahi.

Ma main te retient
Et sur mes doigts
Glissent les mots
Dont je souhaite qu’ils
Te transpercent de plaisir
Te livrent
Te mettent
A genou devant l’envie

Mes empreintes
J’espère te marqueront
A vie
Et les traces encore fraiches
Te laisseront
Béante
Et
Qu’Au détour d’un rhum
Des souvenirs de ces mots
Sur ta peau
Te combleront.

Frictions visions

Le rendez-vous était fixé depuis une semaine. Mercredi à 18h. Elle savait que j’avais rêvé d’elle. Le goût de son cou sur ma langue et les baisers, suçant sa saveur jusqu’à l’en dérober. Suzanne avait accepté. La curiosité mêlée au tabou faisait divaguer son esprit . En pensées multiples.

« Allait-il dans un coin sombre me prendre, me soumettre contre un mur à ses fantasmes? »

Il était là. Son plan ne s’était pas déroulé comme il le souhaitait . trop de monde . On devait être seul. Il y avait une table de huit personnes. Je voulais le provoquer en l’invitant à s’assoir à coté de moi, pour le rassurer surement. Le ton de ma voix l’avait dompté, il sembla moins déçu quand il pris place à coté de moi et que ma jambe frôla la sienne. Une invitation romantique, et un peu désespéré tant elle fut anodine.

Sous la table il a glissé ses mains sur mes cuisses , la où ma jupe finissait et mes genoux, comme des falaises infranchissables, étaient recouvert d’un filet nacré. Sans attendre il fit mine de s’avancer plus près de la table pour prendre son verre avec main libre. L’autre prisonnière, entre mes cuisses faisait des allées et venues près de la source chaude, comme on s’installe devant un feu de cheminée, dont la chaleur qui fend l’air froid, la rend attractive et mortelle.

J’ai profité qu’elle sorte de table pour se rendre dehors pour fumer une clope, pour lui demander sans détour, de retirer sa culotte avant de revenir s’installer à table. Je pouvais jouer avec ses bas sans problème, sentir sa fente entre mes doigts s’élargir ; m’y accueillir. Deux couches de tissus brouillaient la piste, et mon désir se perdait. Je me demandais si je la touchais bien là où je le voulais, là où le torrent s’écoule au bruit sourd de gémissements glissés dans un verre de vin rouge.

« Il fait moins chaud, tu ne trouves pas? ».

La table en bois et la nappe commentaient l’absence de Suzanne, qui surement, s’était égarée dans une conversation avec l’une de ses amies en fumant sa cigarette. « Il m’a prise pour sa jupe, j’ai pensé tout renverser » La nappe chamboulée se plissait d’une gene, croyant que l’armée de verres et de bouteilles avaient remarqué les mouvements qu’elles subissaient.

« Il n’a pas idée du temps que cela prend pour retirer des bas et une culotte ».

Je suis revenu après dix minutes m’asseoir près de lui, sans lui addresser ni un regard ni la parole. Je me suis incrustée dans la conversation sur le prix des soirées et du fait que les hommes devaient toujours payer et que pour les femmes cela étaient toujours gratuit, d’une façon ou d’une autre. J’ai laissé la conversation se terminer, puis lentement j’ai caressé avec mon pied sa jambe inerte qu’il laissait trainer en dessous de la table. Lentement. J’ai écarté les cuisses, assez subtilement pour qu’il comprenne, que les anges ne gardaient plus la porte, que le diable l’y attendait, chaleureusement et patiemment jusqu’à la fin du diner.

agneaupimenté