L’oiseau Charlie

Et sur la place des fêtes de nos compagnes
L’orchestre joue l’hymne de la nation
L’orage gronde au loin,
Et les arbres se couchent.

Comme des enfants innocents nous dansons,
En l’ignorant
Tournant sur nous-mêmes
Nous n’entendons plus que cette musique
Que font les gouttes coulant
dans la vallée.

La dernière note se sussure dans l’air
Sous les lampadaires
Nos yeux s’éclairent
On se dévore rapidement avant
la fin de la mesure.

Des nostalgies éternelles
et
les étoiles dans le ciel
nos cerfs-volants
que l’on perd.

Nombre irrationel (aka Piéwo 3)

Citrons rhum sucre,
Ou
Vraiment sucre citron rhum
On
S’arrange comme on veut ici
La cuillère en argent pour remuer doucement la mixture
Tue-diable
Peau blanche peau noir des Ti-punch
Pour les rêveurs un décollage
Hommage Père labat
59.

Lovin, L’ovin

Au milieu des ils et des elles
Une nécessité viscérale de se brûler les ailes
Carcasse géante au petit cœur et grandes phalanges
Sous les pics des mates
Je mets du temps
À atteindre la saisombre d’où
On ne revient plus.

Je divague,
A leur écume sèche dans les narines
J’ai préféré le liquide et ses claques rythmées
caressant mon oesophage
et tambourinant les conduits jusqu’a l’estomac
en évitant le foie.

Mais le filtre des croyances
Ne sera
Jamais épargné
et le temple
subit
en silence
le fatalisme
s’etablit.

Des relants de l’embrun nous
Nous dopons
Avant la chute fatale
dans l’océan humain:

      Case

     

        Ecole

       

          Pots de fleurs

         

          Appart

        On sonne! on sonne!
        On a déjà assez donné
        Pourtant
        La folie comme un cercle
        N’a ni début ni fin
        nous creons les reponses
        aux questions
        des autres
        sans raison.

        J’allume une clope.

        Des nénuphars se créent
        Et des grenouilles
        Espérant être prince
        Un jour
        N’attendent que la princesse pour devenir
        Et cesser d’être.

        Au milieu des ils et des elles
        Je me demande simplement
        Ou est ma place
        Une prose de l’humain
        Et des roses pour
        Le destin
        divin.

        all inclusive

        S’échouent sur nos rives
        Plastiques et déchets de nos vies
        D’humains urbains
        Mais les vagues n’oublient jamais
        L’incertain et le chamboulement du confort et des murs
        Risibles qu’on
        A construit.

        S’échoue sur nos berges
        La gerbe inconnue
        Qui nous revient du passé
        Nous rappelant au combien compte
        Le battement d’ailes
        Et les pavillons d’où nous gérons la misère
        Que sous les damnés de la terre et
        Les câbles nous tentons
        De cacher.

        S’échoue sur nos plages
        A la place de nos carcasses de baleines gonflés à la mal bouffe
        Et huilés de monoi
        Le convoi de ce monde
        Et les bouteilles gardent ce message
        De l’histoire
        Qui se répète comme égratignure sur nos
        Vies
        Nihilistes.

        Les falaises
        Le précipice nous attirent
        Les barrières
        Le ciment nous tirent
        Mais rien ne protège
        La distance fend nos crânes
        Et nos sens
        Nous mentent
        Devant ce spectacle éclatant de couleurs
        Nous sommes devenus insensibles
        A l’invisible douleur.

        Et dans les nuages pollués
        Nous comptenplons les mirages
        Du progrès.

        sea, riant! see, rien.

        Les jours sont gris
        et oui ici, les sourires sont des brises
        sèches.

        J’ai la gerbe dans l’oesophage
        et mon estomac
        Crache le feu
        Du citron
        Et du tue diable.

        Je veux être sans
        Émotion
        Et pourtant je bois
        Pour calmer la moisson
        .

        Mieux vaut ingurgiter le liquide
        Que d’le vomir
        Par mes yeux

        J’essaye d’être lucide
        Athée
        Et pourtant je prie
        Un
        Dieu.

        Quand dans le fond d’un verre
        J’ai vu mon reflet
        Ma gueule prend la forme
        D’un être à trois yeux.

        Les narcotiques
        Veulent me plonger dans un sommeil
        Que depuis l’enfance je recherche
        Dans un clin d’oeil
        Partir
        Un jour
        “Pour être libre”
        Avec un putain d’accent français
        Parlant la langue du perfide albion.

        Ma poésie de travers
        Comme un jet de pisse
        Dans un ruisseau.

        Les jours sont gris ici
        et les rires sont des braises
        Ardentes
        Dans l’obscurité
        De la vie.

        tourment tonte

        Il y a une lettre d’amour
        Dans un des livres sur mon étagère
        Il y a une lettre d’amour
        Dans l’ouvrage de Pauline Réage
        Dans laquelle une jeune femme m’énumère,
        Les choses de la vie, de l’existant
        Qu’on ne touche pas, aux sentiments
        Qui animent l’âme, dans une caresse avec les doigts.

        Je ne sais
        Si
        Mes cicatrices doivent être visibles
        Ou si je
        Dois en faire des rangées
        Que l’alcool et les pleurs
        Changeront en lianes fleuries.

        Il y a une lettre d’amour
        Dans une des lignes de ma prose amère
        Il y a une lettre d’amour
        Dans mon verbiage agressif
        Et j’énumère
        Les colères
        Le mal-être de ce bonheur précaire.

        Olimoli

        M’amène sa serenade sereine
        Ses reins
        s’animent et je m’élève
        Je marche sur Vénus
        et vénère vaincu
        ses monts
        à quatre pattes.

        Nébuleuse et trou noir
        Conquistador
        De ses saveurs
        L’éther promis
        au s’permétaphore.

        Balle en jeu.

        Holy molly
        Son triangle pré de camomille
        jardin d’eden
        abricotier
        d’où bondit l’obélisque
        qui perfore frénétiquement
        la jungle au rythme
        des coups de Reine.

        Et l’étincelle que crée nos épidermes
        Décime l’air
        A toute allure
        On va et les plis viennent
        La houle et sur les crêtes
        L’Écume des jours.

        Balle en jeu.

        Cascades
        Galipettes
        Roulades
        Glissades.

        Balle en jeu.

        Au lit
        On aime
        Hématomes sur les
        Coudes
        entre les cuisses
        Magie
        Petites lèvres
        Épaisse sève
        Et dans le rêve
        draps, cadavres, bras
        Pa moli.

        Balle en jeu.

        Omarié

        Le cercle de la vie
        ce maître
        Trop bon
        au diamètre
        Trop grand
        Faut pourtant, trouver à ta taille
        La corde, et la serrer
        Serrer.

        Et l’animal carte de pique et triangle
        S’éreinte
        En spiral
        On tourne; et à chaque tour
        pensons-nous renaitre.

        On répète
        On s’entête:

        Omarié
        Omarié!

        On encercle la vie
        de cases
        à remplir
        Et au final
        Elle ne demande qu’à détruire
        Les murs
        Quand on est prêt
        Enfin
        Et qu’on se lasse
        La maîtresse nous apprend les leçons
        Qu’on répétera avec notre cœur d’homme
        Enfouis,
        Et l’amant table sur
        Cette nouveauté obsolète
        Qu’est le plaisir
        Du corps
        Et en décors
        En rideaux tirées
        Et draps mouillés.

        Des pleurs qui décodent
        Décortiquent les cœurs
        Cinq à s’être fait
        Heurt pour l’autre
        Et on y croit
        Et on y sombre…

        Omarié
        Omarié!

        Nous chantonnons
        Pour le champagne
        Et les futures galipettes
        Sur le canapé
        Les poussettes macLaren
        Et les sucettes
        De la secrétaire
        Les langues qui se délient
        Pour faire taire,
        L’adulte.

        Omarié
        Omarié

        Je trinque
        Et titube
        Dans ma tête
        Pas claire
        J’ai le bonnet d’âne
        À cette séance sacrée
        Dans le coin
        Les yeux rivés
        Sur le décolleté de la mariée
        J’me marre
        Y’a de l’espoir dans la vie
        Entonnait le tube:

        Omarié
        Omarié!

        clopobec

        Et la race
        Avance
        De pierres, nous construisons
        Des phallus
        Démolis avec le temps.
        Mais qu’importe
        les leçons
        “Saisis le moment”
        le cours du passé
        chute
        en dessous des genoux
        caleçon baissé.

        Et nos mômes
        Vaincront
        Enfin je crois.

        Qu’on s’entête
        Et dans le vide
        On se projette
        Qu’on envoie cette fierté
        Pour un monde mieux meilleur
        Voir Jupiter,
        Visiter Vénus, vu d’ici, risible vicissitude.

        En clair
        La terre
        Un croquis raté
        Par des artistes, par des explorateurs
        Trop obsédés
        par l’idée de l’idée
        ventilant le carpe diem, des maximes maximisantes de l’esprit
        broyant l’humain
        écarteur de bouches pour placarder le bonheur
        sur nos têtes d’illuminés.

        Vive le grandiose
        Vive la thune
        Vive la démesure
        Et dans cette démence déniée,
        nos mômes
        Vaincront
        Enfin je crois.

        Gaudi dit.

        Dans un coin sombre de mon esprit
        Entre les vagues, les va et vient
        Marins
        Se trouvent l’île
        Dont ton corps
        Insipire vallées et monts.

        Et de ton franc parler
        Se dessinent
        Les falaises
        D’où se jettent les corps des autres perdus
        Et mon âme aussi
        S’écorche
        En dégringolant
        Laissant lambeaux
        En guirlandes
        Sur les branches séchées par l’océan
        Et mon sang,
        Giclant
        Perle l’albion.

        J’époumone en silence
        Sous ta jupe dans ce café
        Parisien
        Un ouragan de lettres qui se lient
        Et mentent
        Pour ton sourire
        Et tes yeux qui cherchent
        Tous,
        sauf les miens.

        Je tente de déchiffrer ce qui est
        Par son absence.

        Mes mains sur tes cuisses
        Mes doigts dans
        La chaleur chaude
        De ton être.

        Les chants de ta voix
        Les mélodies
        D’un souffle saccadé
        Et cet instant
        Les temps se composent
        à l’humain
        Et c’est tout.

        Je prends mon brouilly
        Qu’le brouillon du brouillard de ton désir
        Fasse
        Sens.

        Que tes lèvres
        M’aspirent
        Que le bonheur se fonde.