L’oiseau Charlie

Et sur la place des fêtes de nos compagnes
L’orchestre joue l’hymne de la nation
L’orage gronde au loin,
Et les arbres se couchent.

Comme des enfants innocents nous dansons,
En l’ignorant
Tournant sur nous-mêmes
Nous n’entendons plus que cette musique
Que font les gouttes coulant
dans la vallée.

La dernière note se sussure dans l’air
Sous les lampadaires
Nos yeux s’éclairent
On se dévore rapidement avant
la fin de la mesure.

Des nostalgies éternelles
et
les étoiles dans le ciel
nos cerfs-volants
que l’on perd.

tourment tonte

Il y a une lettre d’amour
Dans un des livres sur mon étagère
Il y a une lettre d’amour
Dans l’ouvrage de Pauline Réage
Dans laquelle une jeune femme m’énumère,
Les choses de la vie, de l’existant
Qu’on ne touche pas, aux sentiments
Qui animent l’âme, dans une caresse avec les doigts.

Je ne sais
Si
Mes cicatrices doivent être visibles
Ou si je
Dois en faire des rangées
Que l’alcool et les pleurs
Changeront en lianes fleuries.

Il y a une lettre d’amour
Dans une des lignes de ma prose amère
Il y a une lettre d’amour
Dans mon verbiage agressif
Et j’énumère
Les colères
Le mal-être de ce bonheur précaire.

Olimoli

M’amène sa serenade sereine
Ses reins
s’animent et je m’élève
Je marche sur Vénus
et vénère vaincu
ses monts
à quatre pattes.

Nébuleuse et trou noir
Conquistador
De ses saveurs
L’éther promis
au s’permétaphore.

Balle en jeu.

Holy molly
Son triangle pré de camomille
jardin d’eden
abricotier
d’où bondit l’obélisque
qui perfore frénétiquement
la jungle au rythme
des coups de Reine.

Et l’étincelle que crée nos épidermes
Décime l’air
A toute allure
On va et les plis viennent
La houle et sur les crêtes
L’Écume des jours.

Balle en jeu.

Cascades
Galipettes
Roulades
Glissades.

Balle en jeu.

Au lit
On aime
Hématomes sur les
Coudes
entre les cuisses
Magie
Petites lèvres
Épaisse sève
Et dans le rêve
draps, cadavres, bras
Pa moli.

Balle en jeu.

Slakiçi

Slakiçi
Tout commence
J’ai vu la montagne
Dévorer les douces
Vallées de Carole
Entre les deux
Ruisselants
Son pouls poussant sur le flanc
De ses lèvres la chaleur folle
Imprégnant ses cuisses
Du parfum paradisiaque des
puissants
T’as vu?
Dis-moi si
Tu l’as vu aussi ?

Slakiçi
C’est l’sale de paname
Qui jonche
Ses bordures
En serpentin mon
Sexe
S’engouffre
Fait des siennes
Dans l’artère
Dans les boules l’verbe
Ma verve rend liquide
D’La panse à la pensée
La prophétie
Je lève mon vers
A ces filles coquettes
Qu’on collecte.

Omarié

Le cercle de la vie
ce maître
Trop bon
au diamètre
Trop grand
Faut pourtant, trouver à ta taille
La corde, et la serrer
Serrer.

Et l’animal carte de pique et triangle
S’éreinte
En spiral
On tourne; et à chaque tour
pensons-nous renaitre.

On répète
On s’entête:

Omarié
Omarié!

On encercle la vie
de cases
à remplir
Et au final
Elle ne demande qu’à détruire
Les murs
Quand on est prêt
Enfin
Et qu’on se lasse
La maîtresse nous apprend les leçons
Qu’on répétera avec notre cœur d’homme
Enfouis,
Et l’amant table sur
Cette nouveauté obsolète
Qu’est le plaisir
Du corps
Et en décors
En rideaux tirées
Et draps mouillés.

Des pleurs qui décodent
Décortiquent les cœurs
Cinq à s’être fait
Heurt pour l’autre
Et on y croit
Et on y sombre…

Omarié
Omarié!

Nous chantonnons
Pour le champagne
Et les futures galipettes
Sur le canapé
Les poussettes macLaren
Et les sucettes
De la secrétaire
Les langues qui se délient
Pour faire taire,
L’adulte.

Omarié
Omarié

Je trinque
Et titube
Dans ma tête
Pas claire
J’ai le bonnet d’âne
À cette séance sacrée
Dans le coin
Les yeux rivés
Sur le décolleté de la mariée
J’me marre
Y’a de l’espoir dans la vie
Entonnait le tube:

Omarié
Omarié!

clopobec

Et la race
Avance
De pierres, nous construisons
Des phallus
Démolis avec le temps.
Mais qu’importe
les leçons
“Saisis le moment”
le cours du passé
chute
en dessous des genoux
caleçon baissé.

Et nos mômes
Vaincront
Enfin je crois.

Qu’on s’entête
Et dans le vide
On se projette
Qu’on envoie cette fierté
Pour un monde mieux meilleur
Voir Jupiter,
Visiter Vénus, vu d’ici, risible vicissitude.

En clair
La terre
Un croquis raté
Par des artistes, par des explorateurs
Trop obsédés
par l’idée de l’idée
ventilant le carpe diem, des maximes maximisantes de l’esprit
broyant l’humain
écarteur de bouches pour placarder le bonheur
sur nos têtes d’illuminés.

Vive le grandiose
Vive la thune
Vive la démesure
Et dans cette démence déniée,
nos mômes
Vaincront
Enfin je crois.

Gaudi dit.

Dans un coin sombre de mon esprit
Entre les vagues, les va et vient
Marins
Se trouvent l’île
Dont ton corps
Insipire vallées et monts.

Et de ton franc parler
Se dessinent
Les falaises
D’où se jettent les corps des autres perdus
Et mon âme aussi
S’écorche
En dégringolant
Laissant lambeaux
En guirlandes
Sur les branches séchées par l’océan
Et mon sang,
Giclant
Perle l’albion.

J’époumone en silence
Sous ta jupe dans ce café
Parisien
Un ouragan de lettres qui se lient
Et mentent
Pour ton sourire
Et tes yeux qui cherchent
Tous,
sauf les miens.

Je tente de déchiffrer ce qui est
Par son absence.

Mes mains sur tes cuisses
Mes doigts dans
La chaleur chaude
De ton être.

Les chants de ta voix
Les mélodies
D’un souffle saccadé
Et cet instant
Les temps se composent
à l’humain
Et c’est tout.

Je prends mon brouilly
Qu’le brouillon du brouillard de ton désir
Fasse
Sens.

Que tes lèvres
M’aspirent
Que le bonheur se fonde.

dés nus des nues dénué

Des nuées de brumes
La déchéance des uns,
pour les unes:
On verserait nos litres de sang
Et pire
L’eau qui nous compose si bien.

Je m’assècherai comme le Sahel
Pour voir dans tes yeux
Les blablas, vomis et délicieux
Des uns qui chassent avec la foi
Comme pour avoir l’aval de Dieu.

Mes dés sont pipés
Et ont dépecé l’espoir d’un coup d’épée
Ma main branle l’air en quête du geste parfait,
De cette saveur chaude quand on contrôle
Le moi, et les efforts pour combler le toi.

ces poèmes, en hommage à la brune
Dénudées de sens.