Sur le divin blanc

Donne-moi tes yeux
que je les brule
des amours dont tu t’éprends

J’ouvrirai
Ton coeur
et des deux valves
deux iris
neufs
pour que jamais
tu
ne penses
la normalité
d’une perfection
factice.

Et de tes lèvres
Délicates

je ferai
des feuilles
sur lesquelles
je déposerai
les plus beaux mots
Odieux comme un goujat
Remontant l’olympe
Avec Era, petite-mourue.

Donne-moi tes rêves
Dans la machine des machos
Qui nous enfante
Et qu’on creuse
Le vrai.

Sur tes joues
Deux proses posées
Crayon sans tailleur

Sans mine dis-moi
Ou trouvera-t-on
Les diamants qui briseront
La glace
De cette vie rêvée vécue ?

Sens la paume de ma main
Et tous mes doigts
Te dérober.

re-spectacle

Y’a cet immeuble
Qui regorge de pauvreté
Et cette fenêtre d’où
S’échappe l’ombre d’une femme
Qui se change
Et je guette
La silhouette est un désir
Dont on laisserait la noirceur
Nous prendre dans des
Recoins
Est-ce toi
Que je matte
Sur les rideaux s’impriment tes courbes
Sèches
Voluptueuses
Et avec ta danse
J’ecris les derniers
Contes
Du con qui compte
En verres
Ses seules mesures.

revoir les printemps

Puisqu’à la gare
Se multiplient les départs
Et qu’les sourires chassent les pleurs
J’ai pris un temps
Celui de l’entrain
plier les coins de la feuille
la transformer avec force et finesse
en fleur
Enfin
Dans le dernier wagon
A la dernière fenêtre
le bougon bourgeois
matte le spectacle
Et se délecte des lectures
des arbres, collines et des prés
récifs de cette vision du voyajouisseur
Quand les pétales choient sur la vitre
Ne reste que les miettes du futur de la première classe.

Jamais classe
Je m’éclate
Jamais classe.

Je change de place
J’avance
En marchant
Je prends enfin le temps
De regarder le paysage
Des êtres jonchés
à la périphérie du moi
Leur parler
Et écouter
Leurs histoires qu’ils me transmettent
le sentiment de ne pas être seul
dans cet immonde
Ils disent que mes yeux et mon cœur sont grands
Qu’il faut que je les protège
Des orages et des sièges vides
Ou ceux où d’autres
Se sont déjà assis
De les tâter
Avant d’y poser mon cul.

Jamais classe
Je m’éclate
Jamais classe.

Puis en courant entre les sièges
Je ne salue plus les passagers
A tout va
J’avance
Je tente de rallier mes rêves,
Et mes réalités laissées
Dans un triangle peu boisé
J’arrive enfin
Et à la porte
Je frappe
mais rien
et je frappe
mes mains
que je ne sens plus, changent de couleur
et mon regard
suit ces larmes
sur le sol sale
se trouve un badge
et je contemple
le coeur purgé
les yeux vidés
et dans le plus grand calme
Une toile écarlate se peint sur cette porte silencieuse.

Je m’éclate.

Févite Féverte! Frévert, Frésaire!

V’la l’vague à l’âme
V’la l’vagabond qui erre dans les rues de Paname
V’la l’vaurien qui choie
Sur les berges beiges d’la Seine.

Le sourire béat
Trique pour cette vision d’Emmanuelle
sur la rive
Chaise en rotin
Tourbillon d’écumes
Cheveux dans les coussins.

Des doigts d’été
Scarifiés de constat et consonance
Sacrifiés par les brûlures
De mégots et pintes
L’écoeur incendie
La trachée
Arrachée par des bribes de mots
Crachés au vent du doux
Pouris.

V´la vagabond
V´la l’con
Qui saute les rimes
Et joue avec les femmes
A tend ton menton.

Frictions visions

Le rendez-vous était fixé depuis une semaine. Mercredi à 18h. Elle savait que j’avais rêvé d’elle. Le goût de son cou sur ma langue et les baisers, suçant sa saveur jusqu’à l’en dérober. Suzanne avait accepté. La curiosité mêlée au tabou faisait divaguer son esprit . En pensées multiples.

« Allait-il dans un coin sombre me prendre, me soumettre contre un mur à ses fantasmes? »

Il était là. Son plan ne s’était pas déroulé comme il le souhaitait . trop de monde . On devait être seul. Il y avait une table de huit personnes. Je voulais le provoquer en l’invitant à s’assoir à coté de moi, pour le rassurer surement. Le ton de ma voix l’avait dompté, il sembla moins déçu quand il pris place à coté de moi et que ma jambe frôla la sienne. Une invitation romantique, et un peu désespéré tant elle fut anodine.

Sous la table il a glissé ses mains sur mes cuisses , la où ma jupe finissait et mes genoux, comme des falaises infranchissables, étaient recouvert d’un filet nacré. Sans attendre il fit mine de s’avancer plus près de la table pour prendre son verre avec main libre. L’autre prisonnière, entre mes cuisses faisait des allées et venues près de la source chaude, comme on s’installe devant un feu de cheminée, dont la chaleur qui fend l’air froid, la rend attractive et mortelle.

J’ai profité qu’elle sorte de table pour se rendre dehors pour fumer une clope, pour lui demander sans détour, de retirer sa culotte avant de revenir s’installer à table. Je pouvais jouer avec ses bas sans problème, sentir sa fente entre mes doigts s’élargir ; m’y accueillir. Deux couches de tissus brouillaient la piste, et mon désir se perdait. Je me demandais si je la touchais bien là où je le voulais, là où le torrent s’écoule au bruit sourd de gémissements glissés dans un verre de vin rouge.

« Il fait moins chaud, tu ne trouves pas? ».

La table en bois et la nappe commentaient l’absence de Suzanne, qui surement, s’était égarée dans une conversation avec l’une de ses amies en fumant sa cigarette. « Il m’a prise pour sa jupe, j’ai pensé tout renverser » La nappe chamboulée se plissait d’une gene, croyant que l’armée de verres et de bouteilles avaient remarqué les mouvements qu’elles subissaient.

« Il n’a pas idée du temps que cela prend pour retirer des bas et une culotte ».

Je suis revenu après dix minutes m’asseoir près de lui, sans lui addresser ni un regard ni la parole. Je me suis incrustée dans la conversation sur le prix des soirées et du fait que les hommes devaient toujours payer et que pour les femmes cela étaient toujours gratuit, d’une façon ou d’une autre. J’ai laissé la conversation se terminer, puis lentement j’ai caressé avec mon pied sa jambe inerte qu’il laissait trainer en dessous de la table. Lentement. J’ai écarté les cuisses, assez subtilement pour qu’il comprenne, que les anges ne gardaient plus la porte, que le diable l’y attendait, chaleureusement et patiemment jusqu’à la fin du diner.

agneaupimenté

Les cons courent

Comme le postier
à qui l’on demande
de livrer
sa propre lettre de démission,
Les mots dans la boite
et je deviens
soumission.

Pour des pouces vers le haut
j’ai troqué
Cocottes contre papier
Et dans mon canari
Mes dernières loques
M’applaudissent
La soupe populaire
A le goût du goudron
Et de l’oubli.

n’est vainqueur
dans cette danse
Qu’une rythmique
Pré-établie
Je laisse
Mes dés à Dieu
Et mes poignets
À mes bracelets dorés.

Vieux Frères, vielle rance.

Négroïdes trois
Par quatre
Et dans la cité tout est décrié
Aux loups! Aux loups!
Aux caucasiennes
À quatre pattes
Aux cous
Aux coups de reins
La peur se chante sur l’air
d’la Marseillaise.
Qu’c’est crade…
Qu’c’est exécrable.

Négroïdes trois
Par quatre
Et dans la cécité
Ça passait mieux.
Quémandeurs
Couleur pitié
Histoire 1848
Inventée
et longs sexes
et courbes folles
répertoriés.

Il n’y a plus que les passants!
Les immortels y croivent
aussi.

D’leurs habits ornés
teint-Fiantes d’après une soirée de vinasses
de Margaux.
Leurs bites en or
Et durs comme faire
D’un écrivain nègre une figure historique n’est croyable
qu’une fois sa carcasse flétrie
déchue
dans quatre planches
langues de bois.

Nécrophiles négrophiles
À table!
PourPouris?
Les barbares se sont invités
Au zoo.

 

crédit photo: Floptwo

beaches be wet

Les vagues se lancent
Sans relâche
Sur les rives froides
Des falaises d’Albion
Sur les cailles
Du Moule
L’hiver est loin.

Leur noirceure créé
l’écume, des lendemains
Candides qui viennent y choir.

L’embrun se pose sur sa peau blanche
L’instant se nostalgise
Pour qu’au futur
Nous ayons recherche
de ce bonheur
Crystallisé.

Vocabuglaire

image

29

Fais carrière dans l’texte !
D’l’exterieur tout est si simple
J’ai brisé mines
Fouillé les multiples visages
Du crayon, tailladé le papier
Comme quand on fourre sans lubrifiant
La création ne s’trouve au
Carrefour
Quand le charbon se sniff à la table des maîtres
En bon chercheur d’or
Je creuse
Torpille
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Secondes
Années
Cicatrices de joie
Sur la joue d’la graisse
Qui agresse
Les maigres sots.

Mangeurs de carottes
En double peine et
Kom 1 txt bardé d’fotes
Plus ça fait mal
Plus ça dur longtemps
Ma grand-mère voulait m’appeler Guillaume
Mes vers
Quemanderont le con.

Je me fais vieux
Et la madeleine me moisit
Moi ici-bas.