L’oiseau Charlie

Et sur la place des fêtes de nos compagnes
L’orchestre joue l’hymne de la nation
L’orage gronde au loin,
Et les arbres se couchent.

Comme des enfants innocents nous dansons,
En l’ignorant
Tournant sur nous-mêmes
Nous n’entendons plus que cette musique
Que font les gouttes coulant
dans la vallée.

La dernière note se sussure dans l’air
Sous les lampadaires
Nos yeux s’éclairent
On se dévore rapidement avant
la fin de la mesure.

Des nostalgies éternelles
et
les étoiles dans le ciel
nos cerfs-volants
que l’on perd.

all inclusive

S’échouent sur nos rives
Plastiques et déchets de nos vies
D’humains urbains
Mais les vagues n’oublient jamais
L’incertain et le chamboulement du confort et des murs
Risibles qu’on
A construit.

S’échoue sur nos berges
La gerbe inconnue
Qui nous revient du passé
Nous rappelant au combien compte
Le battement d’ailes
Et les pavillons d’où nous gérons la misère
Que sous les damnés de la terre et
Les câbles nous tentons
De cacher.

S’échoue sur nos plages
A la place de nos carcasses de baleines gonflés à la mal bouffe
Et huilés de monoi
Le convoi de ce monde
Et les bouteilles gardent ce message
De l’histoire
Qui se répète comme égratignure sur nos
Vies
Nihilistes.

Les falaises
Le précipice nous attirent
Les barrières
Le ciment nous tirent
Mais rien ne protège
La distance fend nos crânes
Et nos sens
Nous mentent
Devant ce spectacle éclatant de couleurs
Nous sommes devenus insensibles
A l’invisible douleur.

Et dans les nuages pollués
Nous comptenplons les mirages
Du progrès.

sea, riant! see, rien.

Les jours sont gris
et oui ici, les sourires sont des brises
sèches.

J’ai la gerbe dans l’oesophage
et mon estomac
Crache le feu
Du citron
Et du tue diable.

Je veux être sans
Émotion
Et pourtant je bois
Pour calmer la moisson
.

Mieux vaut ingurgiter le liquide
Que d’le vomir
Par mes yeux

J’essaye d’être lucide
Athée
Et pourtant je prie
Un
Dieu.

Quand dans le fond d’un verre
J’ai vu mon reflet
Ma gueule prend la forme
D’un être à trois yeux.

Les narcotiques
Veulent me plonger dans un sommeil
Que depuis l’enfance je recherche
Dans un clin d’oeil
Partir
Un jour
“Pour être libre”
Avec un putain d’accent français
Parlant la langue du perfide albion.

Ma poésie de travers
Comme un jet de pisse
Dans un ruisseau.

Les jours sont gris ici
et les rires sont des braises
Ardentes
Dans l’obscurité
De la vie.

Olimoli

M’amène sa serenade sereine
Ses reins
s’animent et je m’élève
Je marche sur Vénus
et vénère vaincu
ses monts
à quatre pattes.

Nébuleuse et trou noir
Conquistador
De ses saveurs
L’éther promis
au s’permétaphore.

Balle en jeu.

Holy molly
Son triangle pré de camomille
jardin d’eden
abricotier
d’où bondit l’obélisque
qui perfore frénétiquement
la jungle au rythme
des coups de Reine.

Et l’étincelle que crée nos épidermes
Décime l’air
A toute allure
On va et les plis viennent
La houle et sur les crêtes
L’Écume des jours.

Balle en jeu.

Cascades
Galipettes
Roulades
Glissades.

Balle en jeu.

Au lit
On aime
Hématomes sur les
Coudes
entre les cuisses
Magie
Petites lèvres
Épaisse sève
Et dans le rêve
draps, cadavres, bras
Pa moli.

Balle en jeu.

Slakiçi

Slakiçi
Tout commence
J’ai vu la montagne
Dévorer les douces
Vallées de Carole
Entre les deux
Ruisselants
Son pouls poussant sur le flanc
De ses lèvres la chaleur folle
Imprégnant ses cuisses
Du parfum paradisiaque des
puissants
T’as vu?
Dis-moi si
Tu l’as vu aussi ?

Slakiçi
C’est l’sale de paname
Qui jonche
Ses bordures
En serpentin mon
Sexe
S’engouffre
Fait des siennes
Dans l’artère
Dans les boules l’verbe
Ma verve rend liquide
D’La panse à la pensée
La prophétie
Je lève mon vers
A ces filles coquettes
Qu’on collecte.

clopobec

Et la race
Avance
De pierres, nous construisons
Des phallus
Démolis avec le temps.
Mais qu’importe
les leçons
“Saisis le moment”
le cours du passé
chute
en dessous des genoux
caleçon baissé.

Et nos mômes
Vaincront
Enfin je crois.

Qu’on s’entête
Et dans le vide
On se projette
Qu’on envoie cette fierté
Pour un monde mieux meilleur
Voir Jupiter,
Visiter Vénus, vu d’ici, risible vicissitude.

En clair
La terre
Un croquis raté
Par des artistes, par des explorateurs
Trop obsédés
par l’idée de l’idée
ventilant le carpe diem, des maximes maximisantes de l’esprit
broyant l’humain
écarteur de bouches pour placarder le bonheur
sur nos têtes d’illuminés.

Vive le grandiose
Vive la thune
Vive la démesure
Et dans cette démence déniée,
nos mômes
Vaincront
Enfin je crois.