A miss education

Elle me dit qu’elle les aime sombre
Des plus courtes aux plus longues
Un jeu que sa langue Douce et entrainée
Pratique aisément.

Elle me dit qu’elle les aime sombre
Mais moi je les aime rondes
Belles silhouettes déposées sur une surface morte
Qu’il en coule des traces, ballets de couleurs sobres.

Moi je les aime noires
Elle les aime sombres
Je les aime mates, Mousseuses et nourrissantes
Comme une pinte de Guinness
A température ambiante.

Dix moi

Dis-moi pourquoi pleures-tu ?
Dis-moi pourquoi même sans larmes tes yeux se meurent ils ?
Dis-moi pourquoi tant d’hésitation et de faute, tant de peine, tant de rancœur ?
La Vie ne t’a pas donné l’exclusivité du mal-être.

Crois-tu, petit saugrenu qu’elle ne souffre point ?
Traiter vos petites disputes, vos démêlés amoureux et j’en passe, histoire de cul !
Histoire de cœur en somme.

Elle devrait tous vous abandonnez au bon vouloir de la Mort.
Tu sais, elles discutent souvent.

Elles ne sont pas ennemies, ni ami d’ailleurs. L’une est l’autre et l’autre est l’une.
Et c’est ainsi depuis des lustres depuis des millions de lunes.
Dans leurs petites discussions, elles parlent de vous.

Elles se moquent de vos états d’âmes de votre nostalgie et de la façon dont vous célébrer la Mort en enterrant vos corps et comment vous lisez la

Vie en la méprisant, en l’ôtant en ne cherchant pas à la conserver.

Tu me diras, vous êtes tellement supérieurs dans l’ignorance des choses simples.

Peuple d’ego.

kH<3 Cobain

Baignade interdite
Dans une mare écarlate
Me suis-je noyé
Dans cette vie
Je n’avais plus pied
Plus de repères mais des œillères

Baignade interdite
Dans une foule mouvementée
Me suis-je noyé
Dans cette vie, dramour choyé
Délaissé, n’est plus.

D’une vision nocturne d’un jour meilleur

Baignade interdite
Dans un verre sans fond
Me suis-je noyé
Dans cette vie, addictions et fées
Fleurs morbides j’ai récolté
Aveugle de l’amour d’autrui.

Baignade interdite
Amor m’a tuer.

Chimen an mwen

Plus de rire, s’abat une pluie de soupir, Respire.

Espoir perdu, sur un chemin parsemé, Inspire.

Cet air amer de plénitude invisible.

Des sourires aussi pourris que les corps, des autres

Inanimés. De ma vie passée, un triste songe, larme

D’alcool versée dans une Guinness chaude,

Comme tes lèvres.

Enfin je m’y noie, m’y refugie

Comme il se doit.

Foie. Sans. Foi. Sang. Fois. Sens

Multiple.

Croix.

The Road

J’y ai pris joie j’y ai pris peine

Dans la Gaité coincé compressé dans un tube

La pate dentifrice du bonheur sur les dents d’la chance, jazzait le tube.

L’A13, autoroute du bonheur, qui me fit rencontrer ma passion d’antan,

L’A13, indécente, incandescente, de bienvenue.

“Pousse pas le bouchon trop loin, l’Agneau,

Il y a longtemps que le liège a cédé et laissé exploser la fureur de ces addicts”, voilà ce qu’ils disent En tisant,

“Agneau pose tes lignes invalides, de rêveurs d’une métropole accueillante autre part”.

Rien n’est plaisant ici,

Même l’envie d’aimer est teintée d’un voile gris,

Pas de sourire, au pas de course, pas de prise de temps, que des prises de tètes.

L’A13, autoroute du bonheur, qui me fit rencontrer ma passion d’antan,

L’A13, indécente, incandescente, de bienvenue.

“C’est d’la faute d’la fourche dans le cul des Élus, disent-ils en teasant, Je paris que tu ne l’as jamais vu nue

Tu n’y regardes pas avec ton cœur, mais avec tes yeux de vieux nègre, tu es miro-sénile”

Elle m’aligne cette ligne, scindant la ville gauche droite, comme un Paris politique.

Échalotes du paradis

Ce printemps fit fleurir parmi les roses

Acérées, vénéneuses couleurs écarlates

Des proses, au goût de fraises de paradis

Saupoudré de sang séché.

Sous le signe de la vierge et de la balance: justice des orgueilleux fut rendue

Des mois furent comptés, des hésitations furent sanctionnées. Des baisers bisoutés.

Ce printemps est sec comme l’hiver,

Noyé dans leur oubli et je me débats, peut être ne devrais-je aimé que moi.

Ne jamais livrer mes émois.

Dans l’histoire pure, je n’ai existé, je n’ai compté car point nommé

Dans l’histoire juste, j’ai été jugé, décrypté, vomi psychanalysé

Dans les prés, c’est finalement où je devrais me refugier.

Bâton à la main, barbe et chevelure des 400ans pour marquer ma liberté

Sans coeur, sans famille, sans femmes.

Pour enfin être né et mort seul, en même temps.

Triangles et Cornes

Au nom du Père du vice et de l’artiste
Que ton poison soit sanctifié
Que ta sève vienne sur ses lèvres ou les miennes
Que ma volonté soit vidée sur la terre les yeux dans les Éthers.

Le russe

Je m’en irai d’un coup,
Sur la tempe, comme cette musique est agréable.
J’y passerai mes éternités, enfin.
Paisiblement. Néant infini.

Gouffre

Gouffre
Seul
Lumière éteinte.

Étoiles invisibles
Fenêtre
Souffre.

Octombre
Arrive
Achève en trois coups.

Un dans le coeur
brisé
par Mars.

Le deuxième dans l’âme
aspiré
par la glace amer.

Le troisième dans l’égo
éparpillé
Miroir cassé.

Avec mes gouttes de sang sur le sol
Tache rouge.
Verticalement suspendu à l’envers
poignet ouvert
j’attends.

Dieue

ses yeux,
une aide.
Le temps.
Ennemi.
Ami.
Souffrance.

La peintre

Toile macabre, peau mate sur tranche de lame.
Étincelante de chaos, tu gis enfin.

Dans ma pisse mêlée au sang pétillant,
Joie d’être enfin libre, la cage ils regardent, inerte.

Excitation des sens, tu bandes,
Cicatrices fumantes de sang et de pus, mousseux.

Célébration, jour de fête chez Hadès
On danse la mort du poète, d’une balle dans la tête.