D’une, des sables

Elle est des après-midi pluvieux
Des nuages gris et du vent sur la mer déchaînée
L’odeur du thé bergamote effleurant les poèmes ancrés sur sa peau salée
De sa chaleur glissant sur les dunes
Elle est des après-midi où l’on tourne les pages du temps comme celle d’un bon bouquin
En humectant le bout des phallanges
Pour être sûr de toucher l’héroïne.

Elle est des matins
Beaucoup trop tôt et de l’odeur du café
Parfum, répandu sur des draps plissés
De rêves doux et chauds dont on se sort difficilement.
Avec sa lingerie noire formant les zones d’ombre
Où la pensée et le désir sombrent ensembles dans l’abysse du suggéré.

Hé-Hopé

Tes yeux
Ou ton âme
Je ne sais plus lequel
M’attire
Vers le styx ou les champs Elysées
Où les héros paradent fiers.

Il n’y a pas de fierté dans
Ce que je ressens pour toi
Peut-être ce qu’on devrait être
Mais est-ce suffisant?

Dans la mer bleue
Tu m’attaques
Posséidon
Ton trident
Me fend la peau
Et jusqu’au coeur
Je saigne pour toi.

Il n’y aura aucune guerre
Aucune Helene
Aucun argonaute
Le miel de ton sexe
Sur ma langue
A déposé
Les saveurs d’un univers
Inexploré.

Né Disciple

et ma maîtresse me répète
comment il faut que j’apprenne ma vie
en leçon
que la géométrie,
l’algèbre feront de moi
un bon garçon.

ma maîtresse me dicte,
veut,
faire en sorte que j’abdique
me faire mordre à son hameçon
en forme de coeur
boisé.

ma maîtresse m’apprend
comment boire un café
Sur une terrasse
moi l’homme des kaz
Fumer des clopes,
Pas de pétasses ni de Gainsbarge,
Celles de rouge
couleur
De ce qui nous anime
Tous.

Ma maîtresse me rappelle
Les bancs d’école
Et les contorsions
Pour apercevoir
Le paradis,
Le nez plein de colle blanche,
Sous les jupes des filles.

J’en ai retenu
Les triangles
Et les courbes
Les reliefs
Et le besoin perpétuel
d’explorer
De remettre tout en missionnaire
Les histoires
Les points de vue
L’importance de la transmission
Et du plaisir
D’autrui.

Mon Rocher

Y’a cette gamine
Qui démange
Avec son sourire
Et sa curiosité
rend febrile
Ma routine
D’homme lassé.

Elle me raconte Kinshasa
Sans rien donner
De plus.

Me dit qu’elle aime
ma prose
qu’elle la transperce
la rend toute chose.

Et son sourire
Est moins doux que ses lèvres
Et son regard
Est moins perforant
Que ses yeux
Qui pétillent.

Et moi
Le moi de société
De regles
Ne peut rien faire d’autre
Que de l’imager
Sur mon lit,
Découverte.

Sur le divin blanc

Donne-moi tes yeux
que je les brule
des amours dont tu t’éprends

J’ouvrirai
Ton coeur
et des deux valves
deux iris
neufs
pour que jamais
tu
ne penses
la normalité
d’une perfection
factice.

Et de tes lèvres
Délicates

je ferai
des feuilles
sur lesquelles
je déposerai
les plus beaux mots
Odieux comme un goujat
Remontant l’olympe
Avec Era, petite-mourue.

Donne-moi tes rêves
Dans la machine des machos
Qui nous enfante
Et qu’on creuse
Le vrai.

Sur tes joues
Deux proses posées
Crayon sans tailleur

Sans mine dis-moi
Ou trouvera-t-on
Les diamants qui briseront
La glace
De cette vie rêvée vécue ?

Sens la paume de ma main
Et tous mes doigts
Te dérober.

Slakiçi

Slakiçi
Tout commence
J’ai vu la montagne
Dévorer les douces
Vallées de Carole
Entre les deux
Ruisselants
Son pouls poussant sur le flanc
De ses lèvres la chaleur folle
Imprégnant ses cuisses
Du parfum paradisiaque des
puissants
T’as vu?
Dis-moi si
Tu l’as vu aussi ?

Slakiçi
C’est l’sale de paname
Qui jonche
Ses bordures
En serpentin mon
Sexe
S’engouffre
Fait des siennes
Dans l’artère
Dans les boules l’verbe
Ma verve rend liquide
D’La panse à la pensée
La prophétie
Je lève mon vers
A ces filles coquettes
Qu’on collecte.

Mean

et ma langue sur ta peau
recherche le goût de sa couleur
passant lentement sur ta nuque
mes doigts fouillant tes boucles dorées.

un.deux.trois.

Et dans tes draps
Tu t’agrippes
Sans relâche
Et moi
Je dessine
Des vagues sur ton bas ventre.

un.deux.trois.

Enfin tes lèvres
Chaudes
Entre ma bouche
Où je susurre mille sons
Un instant tu seras mienne
Et je serai
Tout à toi.

un.deux.trois.

Lapant
Toi ma maîtresse
De haut en bas
Tes mains dirigeant ma tête
Où ton abandon a trouvé voie.

toi.demain.

La boîte à Chachou

Étreinte
Qu’on trinque
Mes vers et dans le cidre
La pomme d’une passion
Éteinte.

Étreinte!

Près d’dix ans
Sur un banc
Qu’le temps passe
Vite
Et casse
Les liens
Les amitiés
Les passions qui se chassent
Il coupe tout
Ce qui dépasse.

Étreinte!
Encore une fois
Je trinque
Et le son du silence
M’effraie plus que tout
Dans cette danse.
Et la gène
Me rend ogre
Et tes yeux qui
n’ont sans doute pas
Faiblis
Me lisent
Et n’attendent
Rien de plus que le point
Final.

Étreinte
Une dernière fois.

Pour tes 30 ans
Plus sobrement
Du bonheur
Qu’il soit tien
Et à personne d’autre.

En sus Ojos

Ce n’est qu’avec des souvenirs
qu’on écrit les plus beaux mensonges,
les plus belles fictions, et les yeux toujours grands.
On en reprendrait, jusqu’à l’étouffement
Jusqu’au dégout, le passé en travers la gorge est si bon,
Aigre doux.

Je me suis demandé quelle histoire ton corps racontait
celui qui plein de souvenirs mauvais ou bons
tente
de nous vendre
à nous
à l’aube aux bourrés
enquête d’étoiles intouchables
certains ont choisi leurs poussières au nez et
leurs cendres divines qu’elles laissent
je les hume à plein poumon. Le
goudron
m’entache de rêves grisonnants.
L’alcool aidant je colle l’asphalte
je balance des palabres et je joue.

Un acte et un sillon
celui de l’observation
celles dont l’histoire dans ses yeux m’intriguent
paires de moon boots au pied
peut-être a-t-elle la tête autre part

Sur terre et pour qui ?
Qui la lui vide ?
Qui la lui remplit ?

Je me suis demandé quelle histoire ton corps racontait
celui qui plein de souvenirs mauvais ou bons
tente
de nous vendre
à tous
des ferveurs

un acte et deux sons, son
corps et elle, qui lentement bouge sur de la musique
de chez moi, sans vibration
elle fait l’asphalte retenir son souffle
et ses pas d’astronautes, légers
comme un être privé d’apesanteur.

Je regarde du coin de l’œil, sa danse
Les spectateurs se figent et ne dérangent,
Plus. Les voitures passent le rond point,
Allumant la scène des plus belles lumières

Un acte et trois secs, ses
yeux et elle
l’histoire de ses yeux et des tristesses égarées
il n’y a que les yeux qui sont la porte de l’âme
Dans mes souvenirs alcoolisés

hannessey city

Dans un taxi jaune
La sombre ville insomniaque
Revêtue de nos égos électriques
tapis les fenêtres
De son éclat.

Vitres
Baissées
Vent dans le wagon
Ça sent les égouts et
La cannelle trop sucrée.

La fille blanche
Le garçon noir
Et la tige sortie
Du pantalon

Elle s’amuse
Du regard du cab driver
Elle guette
Sur sa peau s’imprime
La froide braguette.

Elle s’anime
En cercle
En spiral.

Les yeux sur le plafond
Je contemple ravi
Le moment et
Sa langue glisse sur le bout rose
Et ses lèvres
Maronnent
Elles fuient l’air
Et se serrent
Lentement
Lentement
Engloutissant.

Et les Klaxons réagissent
Au liquide onctueux
Blanc
Ma semence entre les dents
Sur ses cheveux châtains
Un peu
Sur sa robe
Et son sac
Luit.

Vite on
Passe un billet de 20 bucks
La course valait
10 guap
Ses sièges ont morflé
D’la bave de DieuE
C’est la vie nègre
Qui s’étend
Dans la pomme
Au mille vers
Fap fap.