Utopies sabbatiques de Lila.

Tu m’as fait un salut au loin de ton matelas.

Je savais même avant de te rencontrer que ce serait toi. Comme si je l’avais décidé. On a passé la journée l’un à côté de l’autre à se renifler et s’observer, comme deux chiens affamés. Tu étais aux aguets. Toujours cette recherche de connaître une disponibilité. On s’est toisés lors de cette soirée. La mélodie de ton instrument était belle, triste et énigmatique, tout comme tu t’es présenté à moi. J’ai senti ton regard interloqué quand je suis partie, nue, me baigner avec un autre. Tu voulais me posséder le premier. Tes attaques se sont multipliées, et étaient frontales. Je savais que l’on s’aimerait charnellement, toi et moi sommes bien trop abimés pour oser plus nous dévoiler.
Tu as tenté de me posséder en partageant un oreiller, tu chargeais brutalement, comme un homme qui n’a pas eu de femmes depuis un long moment. Je calmais tes ardeurs pour t’accompagner vers plus de douceurs. J’ai senti tout au long que tu cherchais à me goûter, savoir quelle était ma saveur. Tu étais fou et fougueux dans cet instant de possession. Comme si tu avais peur que je t’échappais. Nos étreintes me laissaient passives, et te quittai aux premiers ronflements.

Dur et chaud fut le lendemain de tant d’étreintes entre deux inconnus.

Nous avons continué notre chemin dans la montagne sans une parole, sans un regard, comme deux étrangers qui connaissent quand même le goût de l’autre. Le soir on s’est ignorés. Toujours étrangers sans point commun. Ce n’est que tard que tu es venu me retrouver. M’arrosant, puis m’enlaçant pour m’embrasser trempée. Trappés, sans lieu pour se mélanger, tu t’es endormi à mes côtés. Comme une bête enragée, tu m’as effrayée. J’ai vu un démon en toi, te ravageant, me jurant de ne plus te laisser m’approcher. Plénitude lors du petit déjeuner sur la plage, tentant de m’apprivoiser. Mais tu me terrorises. Ta tristesse mélancolique pourrait me perdre. Tu m’effraies mais m’attires invariablement.
Les autres ne veulent plus nous séparer, décidant de notre union sur la plage. Tu reviens soûl, il fait chaud et tu me prends lentement. Tes yeux me transpercent, ta langue passe sur toutes les parties de mon corps qu’elle peut atteindre, ton sexe gonfle et se dégonfle au rythme de nos conversations. Ta bouche charnue trouve la mienne et tu viens mollement en moi. Tu me perdras. Je ne veux pas me lâcher, je garde la tête froide face à toi. Je m’endors à tes côtés sans trop te toucher. Chaque jour on suit la même mélodie. Des inconnus de jeux de plage, ne perturbant pas la tranquillité de l’autre. J’ai peur mais je suis curieuse que tu viennes me bousculer.

Le soir tu t’étonnes à me retrouver nue dans ce bain de mer étoilé, tu te rapproches et nous nous emportons dans des étreintes marines. Se rapprochant dangereusement, elles cessent. Une fois bien arrosé, nous nous couchons. Je ne sais plus si c’est ta sueur, ma mienne, le sable, l’air iodé qui coulent sur ma peau. Tu m’enivres, je revois ta bouche me désirer quand je t’enjambe à nouveau. Nous finissons notre nuit à la belle étoile.

Il fait toujours trop chaud.

Le matin tu me réveilles délicatement en jouant avec ta langue entre mes seins, tes doigts entre mes fesses et mon sexe, je sens que mes barrières tombent. Tu m’enivres à nouveau sur cette dune. Tu n’es pas pour moi. Je suis trop de lumière pour tes ténèbres mais je peux distinguer Amour derrière ton ombre et je ne veux pas la perdre de vue, je la chercherai toujours. Elle me taquine. Je vis seule et repentis de peur qu’elle me fasse perdre la raison à nouveau.
On se déplace dans le désert. Un lit simple pour nos étreintes rendant l’affection presque obligatoire pour trouver le sommeil. Tu es doux et attentionné. Ton plaisir m’électrise, me perd encore dans de fausses illusions d’avoir trouvé mes sens. Tempête de sables qui nous bloque dans notre ilôt. Nous sommes seuls au milieu de ce torrent d’eau ensablé. Seul le toit à un mètre au-dessus de nous nous protège encore. Nous ne sommes plus que deux dans ce néant, nous faisons l’amour pour la première fois, et nous faisons l’amour pour la dernière fois sans doute. Tu t’endors en moi.

Le lendemain tu m’as recherchée sur la plage, venant me réveiller pour que je danse avec toi, me laissant danser seule pour toi. Tu me murmures que tu as besoin de me sentir près de toi. Nos lèvres se sont trouvées, pleines et heureuses. Tanguant ensuite derrière moi, nous n’étions plus que trois, le feu toi et moi dans cette danse endiablée d’un désir désaxé.
Le matin tu es venu en moi froidement, sans plus penser à mon plaisir. Tu commençais à m’échapper, préparant ta fuite.
La soirée fut séparée, j’ai senti l’immensité du manque où tu me laissais. Le fossé qui nous séparait, l’indépendance qui te gagnait. Notre dernière nuit partagée fut lointaine et forcée, laissant comme un goût d’inachevé. La nuit du désert était bien loin.

T’aurai-je rêvé ?

.Lila

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