Sur le ventre de ma psy

– Qu’est-ce que la folie?

Elle me regardait au fond de la pièce, croisant et décroisant ses jambes avec la délicatesse de danseuse en tutu. Sa question était sortie de nulle part, comme on interjette un arbre, quand lors d’une soirée trop bourré dans Pouris ou LondSome, on s’attend à une réponse.

– C’est un trouble mental…un acte déraisonnable?

J’avais vaguement baragouiner une réponse qui avait pris la forme d’une question. Mes lèvres avaient amplifié l’hésitation en faisant vibrer les plis de mon front. Une crise de carence en magnésium, je crois.

Tessa. C’était tout Tessa. Les questions étranges. C’est ce qui faisait son charme; son nez, ses belles lèvres et ce regard de jeune écorchée vive, qui vous glace le sang d’un souffle lent. Ses yeux en disant tant sur elle, et sa frange rebelle qui essayait de temps en temps de cacher la douceur dans le bleu-gris de ses yeux n’y arrivait jamais, et se morfondait, comme dans les griffes du vent. Tessa, était la copie conforme de Charlotte Rampling jeune.
En se relevant, elle décroisa ses jambes et je pus apercevoir, au fond de la chambre ce triangle tapissé d’un brun marron, doux et scintillant comme le blé séché. Elle me tournait le dos, son ombre sur le mur blanc, dansait. Elle était fine; je crois la plus fine dans mon lit.

– Mais quand on en a conscience, cela nous rend-t-il sain?
– Pourquoi toutes ces questions?
– C’est toi qui en rajoute une!
– D’accord, tu as raison mais va au fond de ta pensée, j’ai pas besoin de la theése, l’anti-thèse et encore moins de la synthèse…

J’allumais une clope sensuellement pensant à une scene de cinéma Argentin en noir et blanc, avec ma phrase pseudo-philosophique. J’ai toujours aimé poser des questions, mais les conclusions, c’est un peu l’illusion des cons.

– Nous! Elle reprit sa phrase après un silence.Nous c’est de la folie.

Elle était face à moi maintenant, et se rapprochait à petit pas en continuant sa pensée.

-Cette situation, moi, toi, tes draps qui sentent la touffe, mon mal être, l’alcool que je bois avant de venir chez toi!

En y repensant c’était vrai, oui elle me plaisait, mais pas tant que ca. J’avais toujours la volonté d’être un combleur, elle, voulait être sauvé. Mais pas n’importe comment, pas par n’importe qui, et surtout pas par elle.

Je me suis assis et j’ai écarté les jambes pour qu’elle y trouve refuge. Elle a passé ses bras fins autour de mon cou. Ma peau parsemé de sueur faisait scintillé ses yeux en détournant la lumière tamisée de la lampe.

Tessa la peau ferme, près des os, légère et profonde comme un livre de Zola. Ses bras m’entourent comme un filet et elle s’assied sur mes genoux. Plaçant mon sexe bandé entre l’extérieur de sa cuise et mon ventre, elle me regarde longuement.

– Mais pourquoi moi? Pourquoi tu m’as ramené?

Je n’allais pas lui dire quand même que c’était la vérité dans ses yeux que je cherchais, celles des êtres blessés. Celle des animaux comme moi.

Je l’ai prise contre moi et l’ai déposé sur le lit. Sans mots. Que des gestes. Tessa, légère comme une âme saine égyptienne. En la retournant, je lui effleurait l’intérieur des cuisses avec la langue comme une plume, mes mains accrochait ses fesses. J’aimais sentir ses lèvres,tendues.
Son con,si bon.
Si serré que j’éventrai lentement avec mes doigts.
Je me suis enfoui en elle, et l’ai perforé.
plusieurs fois.
son corps se tendait, se courbait sous la douleur.
elle.
ne voulait pas de violence cette fois ci.
Les premières fois, elle m’appelait tard, sans donner de raison, sans questions, elle se posait sur mon lit.
nue.
voulant être prise, souhaitant être désirée, être désirable.
Mais cette fois-ci, quelque chose avait changé dans son attitude, elle m’a pris entre ses petites mains et je me suis senti géant.
gigantesque devant cette fille frêle.
Ses cheveux glissaient le long de mes cuisses, et ses lèvres sur mon sexe, déjà durcit.

Ma psy a décidé d’espacer nos séances, et j’ai plus envie de lui courir après. Au début elle semblait savoir ce qu’elle voulait. Maintenant l’hésitation lui parcours l’esprit.
Surement de cette façon d’ailleurs.

– Suis-je un plan Q?
– Suis-je son seul plan Q?
– Suis-je?
– Est-il mon plan Q?
– Est-il mien?
– En vaut-il la peine?

Au final, c’est elle qui de nous deux, était la plus solide.
Trop de questions, trop peu de prises, trop peu de positions.

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