Le cri de la Tribu

 Texte à quatre voix de la tribu des rimes crépues (Loupragan, Pierric, kramrragneaupimente)

Je suis de la tribu des rimes crépues,

De ceux qui boivent le crépuscule,
Puis dansent sur le mercure,
Avec les reflets de la lune.

Clameurs qui chavirent les passants quand le marché déborde des rues…
Vidés sans papas ni mamans où la foule en joie se fait vague sans reflux.
Rimes crépues.

Je suis de la tribu des rimes crépues.
Nous nous délectons du feu en fût ou en bouteille,
mélangeant épices et contenu sur un tissu de rêveries vermeilles.
Et les soirs de pleine lune, entre racines de fromager et dunes de sable blond,
nous retrouvons la voie grâce à cette potion, l’onctueux punch po chapé,
divin breuvage liberté offert aux damnés de la terre.

Entre le bitume fleurit et les visions de Rachel Mac Adams
S’évade
Le lourd tribut des rimes crépues
Du peuple des arbres en ciment
Qui chante une saveur du sud,
Glissante
En réponse à notre rire, seule arme fiable et tranchante.

Je suis de la tribu des rimes crépues.
Tempérament volcanique,
Tempête couvant ; à l’ombre d’un calme olympien
S’embrassent nos plaques tectoniques.
Lente et puissante, la lave coule dans les veines des miens.

Je suis de la tribu des rimes crépues,
Notre verbe résonne,
Comme les coups de poings,
Caressant la peau tendue,
Du bouc émissaire.

Ti-bois qui claquent sur une ZAC de goudron nu.
Dominos frappés secs. Paroles qui montent Fiap !
Éclats de rires de rhumiers que noient des dettes échues.
Rimes crépues.

Le cordon ombilical,
Noué à la gorge,
Nos voix reposent,
À l’ombre d’un fromager.

Cascades-milans, cycloniques ragots, torrent des douleurs tues.
Jalousies couvrant nos pleurs-ravines sous l’alizé des espoirs déçus.
Rimes crépues.

Je suis de la tribu des rimes crépues
Le début de la décrépitude,
La fin de l’ancien,
L’hallali de l’habitude.
La Rome antique brûlera!
Le brûlot au sein de ses champs sémantiques,
L’incendie se propagera par fibres optiques.

Alors nos paroles se font flammes,
Lorsque nous brûlons la nuit.

Au petit matin
entends-tu ce rythme divin?
Chaque mot marque et abat:
Je suis de la tribu des rimes crépues.

Nous aimons les lignes
chabines,
Bannies du jour et de la nuit,
Êtres de l’entre deux temps
Mots phrasés,
craints des morts comme des vivants.

Bousculant les plus sombres d’entre nous
Oscultant les recoins de la pénombre à la recherche de votre “vous”
Tue diable dans l’oesophage
Et a cet instant nos paroles se font flammes
Lorsque nous brûlons l’ennui.

Rimes crépues.

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