revoir les printemps

Puisqu’à la gare
Se multiplient les départs
Et qu’les sourires chassent les pleurs
J’ai pris un temps
Celui de l’entrain
plier les coins de la feuille
la transformer avec force et finesse
en fleur
Enfin
Dans le dernier wagon
A la dernière fenêtre
le bougon bourgeois
matte le spectacle
Et se délecte des lectures
des arbres, collines et des prés
récifs de cette vision du voyajouisseur
Quand les pétales choient sur la vitre
Ne reste que les miettes du futur de la première classe.

Jamais classe
Je m’éclate
Jamais classe.

Je change de place
J’avance
En marchant
Je prends enfin le temps
De regarder le paysage
Des êtres jonchés
à la périphérie du moi
Leur parler
Et écouter
Leurs histoires qu’ils me transmettent
le sentiment de ne pas être seul
dans cet immonde
Ils disent que mes yeux et mon cœur sont grands
Qu’il faut que je les protège
Des orages et des sièges vides
Ou ceux où d’autres
Se sont déjà assis
De les tâter
Avant d’y poser mon cul.

Jamais classe
Je m’éclate
Jamais classe.

Puis en courant entre les sièges
Je ne salue plus les passagers
A tout va
J’avance
Je tente de rallier mes rêves,
Et mes réalités laissées
Dans un triangle peu boisé
J’arrive enfin
Et à la porte
Je frappe
mais rien
et je frappe
mes mains
que je ne sens plus, changent de couleur
et mon regard
suit ces larmes
sur le sol sale
se trouve un badge
et je contemple
le coeur purgé
les yeux vidés
et dans le plus grand calme
Une toile écarlate se peint sur cette porte silencieuse.

Je m’éclate.

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