Rave – 21 Juillet

Je me suis réveillé dans un club de Londres, sans savoir comment ni pourquoi. Avec un verre de cognac et très peu de cola, mon frère est venu me dire qu’on partait. Son haleine puait le champagne riche et son corps transpirait le peu d’eau qui lui restait a sécher. Dans la noirceur de la boîte, les néons nous avaient donnés un couleur tendant vers le violet et le rouge. Nos fronts ruisselaient de perles de sueur, qui renvoyaient un arc en ciel aux filles assises, mini jupes au dessus des cuisses, sur les banquettes du carré VIP.

– tu le sens comment?
– moi j’peux conduire et toi?

Mon frère s’était engouffré dans l’escalier menant a la sortie.

– je suis défoncé, mais ça ira pour 5kms.

Ce n’était pas sage, il n’y avait aucun sens de responsabilité, mais c’était ainsi.
Un bras gigantesque l’a attrapé avant qu’il n’ait pu franchir la porte et une grosse voix sortie de la pénombre l’a figé.

– les gars, faut passer l’Alcotest, pour sortir.
– putain, c’est pas vrai ça! Déjà que tu dois passer ta carte de crédit pour rentrer. Maintenant tu dois aussi avoir un pass pour sortir!

Laury avait la voix haute comme la plupart des gens bourrés. Moi, je parlais a la fille de l’accueil en balbutiant le fait que j’avais perdu mon écharpe.

– t’as pas d’écharpe du con, c’est l’été!
– mon cœur est froid, c’est l’hiver, petite.
– dégage!

Je me suis exécuté en la smackant sans qu’elle ne puisse rien faire. Ces conneries, c’étaient passible de viol maintenant, je m’en foutais, j’étais saoul, c’était la représentation la plus noble de mon être, et sa volonté suprême d’obtenir l’objet désiré. Oui j’ai dit objet.

L’Alcotest consistait en une prise de sang. La machine de formait d’une centrifugeuse, d’un long bras en aluminium, au bout du quel se trouvait un seringue de la taille d’un jéroboam de champagne, une aiguille fine terminait ce vampire automatisé. J’en avais marre d’attendre que l’infirmière finisse avec Laury, j’ai pris la seringue et directement dans veine en forme de serpent, je me suis piqué. J’ai du faire quelque chose de mal, car un bulle d’oxygène s’est formée et je la voyais remonter mon avant bras, discuter avec l’angle aigu de mon coude, se fendre en plusieurs et parcourir mes vergetures au deuxcep droit, et dangereusement se diriger vers mon visage.

– j’vais clamsé! Putain, j’vais clamsé.
– qu’est ce que t’as foutu du con?
– j’sais m’faire des piquouzes négro! C’est pas sorcier, ton job.
– t’as merdé! C’est pas sorcier, moi j’suis infirmière!

Elle m’a pris le bras gauche, celui de l’écoeur, m’a demandé de serrer le poing, comme un boxer. Il fallait que je me batte contre ma propre infliction. Moi contre Moi. Quand j’ai senti l’air se répandre sous mes yeux, j’ai cligné du troisième sans attendre, en spectateur de ma propre chute. Elle avait saisi une aiguille encore plus immense que celle que j’avais dans le bras. Et vlan, dan le troisième œil, sans penser à mon karma. J’ai vu la lumière blanche deux fois. Les relents d’alcools se sont échappés la première fois par mon nez, puis la seconde, mon corps a dansé frénétiquement au rythme des coupeurs de cannes et des ramasseurs de patates.
Je n’ai repris conscience, qu’à une gare que je ne connaissais pas. J’avais de la bave tout le menton, symbole d’un sommeil merveilleux. La bouche contre la poitrine charnue de ma voisine qui me portait tant bien que mal d’un bras. Mes valises dans l’autre main et un sourire des éthers qui chantait mon arrivée aux champs célestes.

Rêve – Était, 21 jours de Juillet

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