Pour la terre ou pour l’océan

Au nom des souvenirs passés et de ceux
Sans cesse décevants
J’ai jeté mes larmes
armes
alarmantes à la mer
Et ses adieux dans les écumes
Diverses, des paradis infernaux
Je me suis lassé.

J’ai pris racine dans le deuil
L’œil devient rouge, bleu
Puis noir
Et mes orteils se confondent avec la mousse
Posée sous les arbres de l’éternelle sagesse
Au pied des quels j’ai enfouis ma
hache.

Apatride subit par les choix
Je tangue sans le pied marin
Et je vacille avec le vent
Où il m’emporte ne compte pas
Tant que souffle l’embrun
Et la chaleur de ses longs bras
Terre promise me voilà.

Elle tourne et je stagne
Me déplaçant libre je ne regagne
Que les bornes déjà visitées
Les oiseaux m’accompagnent
Me marquant de leurs griffes ou de leurs fiantes
L’épouvantail ne fait plus peur
Et en reflet perpétuel
J’erre.

Le mal de pair guide le pirate
Vers plusieurs mers
Quand le butin est conséquent
L’alcool ne remplit que la panse
Quand celui, vide,
jette ses pécules à l’eau
Le poison guérit les plaies
Profondes
Et me pousse de nouvelles ailes.

Les souvenirs formant tempête
Reviennent en brise froide
Je regarde mes pieds
Je n’ai toujours pas bougé
Tantôt du sud
Tantôt de l’est
Sa coupure sèche fait vaciller mes branches
Comme ce moment où mon cœur battait pour elle
Soumis, je ne suis plus
Je me penche en résistant
J’ai déjà beaucoup trop courbé le dos.

Le sable est venu recouvrir mes pas
Je veux revenir à l’enfance
Et aux érections innocentes
Aux seins de ma mère
Et aux forêts de manguiers
Glissant sur les alizés
Je regarde mon hêtre
Au loin
Je le pousse jusqu’au retour à la graine et
La poussière sous mes ongles
J’ôte.

Un, deux, trois et je m’en vais
Les sirènes ont désenchantés mes rêves d’enfants
Si je pivote mes yeux vers l’intérieur
Verrais-je le passé ou un futur qui n’existe pas?
Cramé par une vie sans feu
Je me suis mis au vert mon
Pote.

J’ai pris le large
Et ma sève s’épaissit
La caravane des rêves est passée
Sans prendre le chien Kreyol
Qui jappait
Jamais
Je ne respirerai l’air
Avec mes mots qui fusent
Maintenant dans l’espace
Je m’étends
Il n’y a plus aucune chance que j’en Retombe.

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